Minimalisme sportif : faire du sport à moindre impact

Laura, Abdel, Lola et Eloïse ont une chose en commun : leur passion sportive s’est peu à peu mise au service de leur conscience écologique, chacun·e à leur manière. Ils racontent leur éveil écologique et leur démarche vers le minimalisme sportif. 

Minimalisme sportif : faire du sport à moindre impact

Quand on se prend au sport, on peut avoir tendance à vouloir accumuler des équipements divers et variés. Parfois utiles, d’autres fois superflus, ces articles ont un impact carbone indéniable. Alors que l’état de la planète inquiète, ces sportif·ves ont décidé de mettre la main à la pâte, et d’opérer un tournant écologique dans leur pratique sportive. 

“Faire plus avec moins”, le leitmotiv écolo d’Abdel

Au début de son éveil sportif, Abdel accumule les équipements en tout genre. Chez lui, on trouve une salle de sport dédiée à ses disciplines favorites : musculation et natation. Pourtant, pas de piscine chez Abdel, et celui-ci ne se rend pas non plus dans les piscines municipales alentour. On vous voit venir : non, Abdel ne pratique pas la nage papillon dans sa baignoire. Depuis deux ans, l’homme de quarante ans a choisi la nage en eau libre, pour éviter non seulement de financer des points d’eau artificiels, mais également pour assurer la durabilité de ses maillots de bain, attaqués par le chlore des piscines. “Je sais que les piscines municipales sont essentielles pour l’apprentissage de la nage en bas âge, mais de mon côté, si je peux faire autrement, je le fais, ne serait-ce que pour préserver mon équipement sportif”, soutient Abdel.

Et le sportif va plus loin encore, puisqu’à défaut d’utiliser l’entièreté des équipements de musculation acquis au fil du temps, Abdel a décidé de le prêter aux jeunes de son quartier, gratuitement. “J’en ai donné une bonne partie, pour que ça serve à des personnes qui en auront vraiment l’utilité, et ce qui reste, je le mets à disposition de celles et ceux qui ne peuvent pas se payer un accès à la salle de sport”, précise-t-il. Détenteur d’un diplôme de préparateur sportif, Abdel a ainsi toutes les compétences pour accompagner les jeunes qui souhaitent découvrir la musculation à ses côtés.

Il y a l’aspect social, oui, mais aussi écologique, puisque je leur montre aussi comment travailler leurs groupes musculaires sans équipement”, termine Abdel, “Le but, c’est d’en faire toujours plus, avec moins”.

Minimalisme, écologie et féminisme pour Eloïse

Amoindrir son impact carbone, cela passe également par le bon entretien de son équipement sportif (pour plus d'information, on a aussi un site support qui vous délivrera tous les conseils d'entretien nécessaires). Et ça, Eloïse l’a bien compris ! “À vélo comme en yoga, j’ai découvert l’importance du respect de son équipement sportif pour qu’il dure le plus longtemps possible”, souligne Eloïse, “Du lavage des textiles à leur entretien, tout ça vient au service de ma conscience écologique. Dans ses deux disciplines, la sportive a testé plusieurs techniques pour espacer les lavages de ses textiles : nettoyage à 30°C après chaque séance, nettoyage à sec avec de l’eau chaude, du vinaigre et du liquide vaisselle et aujourd’hui, nettoyage de ses vêtements sportifs toutes les deux séances pour le vélo, et toutes les quatre séances pour le yoga. “On n’y pense pas forcément, mais à chaque lavage, nos textiles libèrent des microplastiques dans l’eau, ce n’est pas très écolo”, souligne Eloïse. Pas question non plus pour la sportive de jeter un vêtement abimé s’il peut être reprisé ou upcyclé. “Si mon t-shirt a un trou, je vais le recoudre, ou faire une broderie par-dessus, et si vraiment, c'est irrécupérable, je vais le transformer en éponge Tawashi (ndlr : éponge réalisée à partir de chutes de tissu)”, illustre-t-elle.

Côté cyclisme, sa conscience écologique est venue renforcer son engagement féministe. “Il y a une forme de prise de pouvoir à savoir s’occuper soi-même de son vélo, en étant une femme”, rit Eloïse, “À la base, je voulais juste entretenir mon vélo pour qu’il dure plus longtemps sans pépin, et je me rends compte que c’est aussi venu au service de mon indépendance féministe”. Pas besoin de conseils, ni d’aide extérieure, Eloïse est donc aujourd’hui en totale autonomie dans sa pratique sportive. En quinze ans de pratique, Eloïse note une baisse drastique des pièces remplacées, car usées ou malmenées, depuis son tournant écologique. La sportive ne possède qu’un seul vélo, avec lequel elle fait ses déplacements vers son lieu de travail, ses courses, mais également ses longues sorties sportives. “C’est tentant d’avoir plusieurs vélos, mais je me suis rendue compte que ça relevait plus du confort que de l’absolue nécessité”, souligne-t-elle, “J’en prends infiniment soin, c’est mon partenaire de vie écologique, et mon petit bijou”.

Un vélo en quinze ans, trois tenues de cyclistes et des pièces de remplacement qui se comptent sur les doigts d’une main suffisent à assurer sa pratique sportive.

Minimalisme sportif : faire du sport à moindre impact

Lola : “Le grand air est mon terrain de sport”

Pour Lola, les textiles sportifs et infrastructures de street workout font office d’équipements de prédilection. “C’est simple, mon terrain de sport, c’est la nature, le grand air”, confie la sportive. Bon, la nature n’a pas créé d’elle-même les structures de street workout, mais il faut admettre que celles-ci ne demandent pas le chauffage d’une salle ou le branchement de machines en tout genre.

Adepte de cross-training et de course à pied, la jeune femme abandonne il y a trois ans les salles de sport pour s’adonner à sa pratique en extérieur. Plus proche aujourd’hui du street workout, Lola utilise les infrastructures à sa disposition en extérieur pour peaufiner ses muscles et sa souplesse. “Je me rends sur place en courant, je fais ma petite séance, et je reviens à la maison en marchant”, explique-t-elle, “C’est non seulement bon pour mon impact carbone, mais aussi pour mon porte-monnaie”. Ses chaussures de course à pied, Lola les entretient avec soin. Ainsi, elle ne lave ses chaussures qu’à la main pour éviter de les abimer dans le tambour de sa machine à laver. “Je ne les porte que pour courir, jamais pour le street workout, où les impacts sont différents”, explique-t-elle.

Lola fait cependant attention à ne pas laisser sa trace sur les chemins qu’elle arpente, et prend même le temps d’effacer celles d’autrui. “À chaque sortie, j’emporte un sac-poubelle et des gants avec moi, pour ramasser les déchets sur ma route”, illustre la jeune femme, “Mégots, bouteilles en plastique et emballages jonchent mon tracé, et chaque semaine, c’est le gros lot des horreurs polluantes”.

Laura : l’importance d’un équipement durable 

Le côté écologique n’est pas venu tout de suite dans ma pratique”, souligne Laura. La cycliste commence par le vélotaff, d’abord par contrainte financière. “Je n’arrivais plus à payer mon pass pour les transports en commun, j’ai donc commencé par faire mes trajets en Velib’, avant d’acheter un vélo en seconde main à trente euros”, se souvient la jeune femme. Laura se prend au goût des trajets à la force de ses jambes et une fois les difficultés financières derrière elle, s’offre un vélo qui puisse davantage la suivre sur le long terme. “Je voulais un vélo avec lequel je puisse aller au travail, faire de longues sorties et partir en voyage”, explique Laura. Pari tenu, puisque la cycliste a accompli son premier voyage à vélo cette année, sur la Véloscénie, un itinéraire cyclable de Paris jusqu’au Mont-Saint-Michel.

Tout est faisable, à condition d’avoir un bon équipement”, soutient Laura, “Il n’y a pas de mauvaises conditions, il n’y a que des mauvais équipements”. Pour constituer son starter-pack du voyageur à vélo, Laura conseille de se procurer un porte-bagages, des sacoches imperméables, des mitaines ou des gants en cas de chute et pour le froid, un casque évidemment et un coupe-vent ou une cape de pluie pour se protéger des intempéries. La cycliste précise qu’il est possible de se procurer ces équipements en seconde main, à condition de faire attention à l’état dans lequel ceux-ci se trouvent. Eh oui, il ne s’agit pas de devoir en changer au bout d’un mois, autrement la démarche perd de son intérêt.

Au-delà de sa pratique, côté nutrition, Laura réduit également considérablement son bilan carbone en adoptant une alimentation végétarienne et ne constate aucune entrave à sa pratique du fait de ce mode de vie ! 

Comme Laura, Abdel, Lola et Eloïse, vous aussi, vous pouvez étendre vos petits gestes écologiques du quotidien à votre pratique sportive, pour un bilan carbone plus léger. En plus de prendre soin de votre corps, c’est votre esprit qui en sera d’autant plus apaisé. 

Minimalisme sportif : faire du sport à moindre impact

VAL

JOURNALISTE - RÉDACTRICE WEB

Journaliste société, passionnée de réseaux sociaux (la Twitter fever, tu connais) et de sport. À mes heures perdues, on me retrouve sur une barre de pole dance ou sous la barre de hip thrust, ça dépend des jours.

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