L'IMC : la définition d'une bonne santé ?

Vous avez forcément entendu parler de l’IMC, cet indice qui permet d’estimer notre masse corporelle, en fonction de la taille et du poids. Et vous avez sans doute déjà calculé le vôtre. Mais le chiffre donné par cet outil, à quoi sert-il ? Est-il réellement utile pour définir notre bonne forme physique ?

L'IMC : la définition d'une bonne santé ?

Avant toute chose, et surtout avant de vous parler poids, taille, indice de masse corporelle et autres mesures visant à physiquement vous définir, nous partons du principe que votre poids de forme est celui dans lequel vous vous sentez bien, et qui ne comporte pas de risques pour votre santé. Si nous choisissons ici de vous parler d’IMC, c’est pour éclairer votre lanterne et vous signifier qu’il n’y a pas de normes chiffrées en matière de bien-être physique. Et que si votre IMC ne se situe pas dans la “bonne” catégorie - et notamment entre 18,5 et 25 kg/m² -, vous pouvez quand même être en forme, en bonne santé, épanoui·e et gai·e comme un petit pinson au quotidien. Voilà ce qu’on tenait à vous dire avant de commencer nos explications en matière d’IMC… 

Comment calculer son IMC, indice de masse corporelle ? 

Pour certain·es, c’est une habitude. Pour d’autres, cela s’inscrit dans un programme de remise en forme : monter régulièrement sur la balance est un réflexe pour nombre d’entre nous. Pourtant, sachez que les chiffres que cet instrument de mesure vous indique, pris de manière isolée, ne révèlent pas grand-chose : en fonction de votre taille, “votre poids idéal” ne doit bien évidemment pas être le même. Pour aller un peu plus loin et ne pas vous cantonner uniquement à votre poids, vous pouvez calculer votre IMC, indice de masse corporelle, en fonction de votre taille et de votre poids. Cet indice et sa formule se déterminent de cette manière : P/T² (le poids (en kilos) multiplié par la taille (en mètres) au carré). L'IMC s'exprime donc en kg/m².

Ainsi, si je pèse 60 kilos et mesure 1m70, mon IMC sera de 20,76 kg/m². Pour votre gouverne, sachez que cette valeur a été inventée au milieu du XIXe siècle par un mathématicien belge du nom d’Adolphe Quetelet (hop, à placer lors d’un repas entre amis). L’intérêt de vous référer à cet indice plutôt qu’à votre poids seul est la prise en compte de votre taille, élément non négligeable dans la définition de votre “poids de forme”, qui ne sera bien évidemment pas le même si vous faites 1,55 ou 1,90 mètre !

L'IMC : la définition d'une bonne santé ?

Quel est l’IMC “normal”?

En 1997, l’Organisation mondiale de la santé a décidé de se baser sur l’IMC pour évaluer les risques liés au surpoids chez l’adulte. Elle a également défini des intervalles standards (maigreur, norme, surpoids, obésité) en se basant sur la relation constatée statistiquement entre l'IMC et le taux de mortalité. 
Pour vous donner un exemple, si votre IMC se situe entre 16,5 et 18,5, il s’apparente à un état de maigreur. Vous serez en surpoids avec un IMC de 25 à 30, et en obésité morbide à plus de 40. 
Pour vous donner quelques repères, en 2012, la moitié de la population française avait un IMC situé entre 18,5 et 24,9, soit dans la catégorie “poids normal”. Un IMC idéal a également été calculé en étudiant différentes populations : l’IMC moyen “conseillé” est de 22,4 kg/m² chez les femmes et 22,7 kg/m² chez les hommes. Par “conseillé”, entendez “permettant de vivre plus longtemps et dans les meilleures conditions physiques”. Bien sûr, l’IMC ne s’applique pas aux femmes enceintes, qui prennent forcément du poids dans le cadre de leur grossesse. Peut-on alors parler d’IMC “idéal” ? En théorie, oui : l’IMC dit “normal” se situe entre 18,5 et 25 kg/m². Mais, encore une fois, on vous répète que vous pouvez tout à fait être en forme en dessous ou au-delà de ce chiffre, du moment que votre poids ne représente pas un risque pour votre santé...

L'IMC : la définition d'une bonne santé ?

Pour quelles raisons calcule-t-on son IMC ? 

Outre le fait de calculer son indice de masse corporelle par curiosité, l’IMC est une donnée utilisée par les professionnels de santé pour apporter des réponses adaptées aux patients qui présentent des problèmes de poids. L’IMC permet d’établir un ratio, relativement simple à calculer, sur une situation physique et d’alerter en cas de danger. Entre 16,5 et 18,5 kg/m², l’indice de masse corporelle relève de la maigreur. En dessous de 16,5 kg/m², on parle d’anorexie ou de dénutrition. Au delà de 30 kg/m², l’indice de masse corporelle est apparenté à de l’obésité : obésité modérée entre 30 et 35 kg/m², obésité sévère de 35 à 40 kg/m² et obésité morbide ou massive au-dessus de 40. L’IMC a aussi et surtout été établi pour calculer les risques sanitaires (carences, diabète, AVC, hypertension…) des personnes en état de dénutrition et de surpoids et de leur proposer des réponses adaptées, destinées à prendre soin de leur santé.

Victoire Diers, diététicienne, utilise l’IMC de temps à autre, et parfois à la demande de ses patients. “Dans le cadre d’un rééquilibrage alimentaire, je ne le calcule pas toujours”, indique la praticienne. “En revanche, lorsque l’un de mes patients souhaite perdre du poids, il m’arrive de m’en servir. Mais ce n’est pas la seule donnée que nous allons prendre en compte dans le cadre d’un suivi sur plusieurs semaines…
Pour info, sachez que l’IMC peut également être une donnée dont se servent les compagnies d’assurances pour s’informer sur le profil de leurs potentiels souscripteurs, et que certains pays ont interdit aux mannequins ayant un IMC inférieur à 18, jugés trop maigres, d’exercer...

Les limites de l’IMC

En ce qui concerne l’IMC, on parle bien d’indicateur et non de donnée absolue. “L’IMC est un indice et non un diagnostic”, poursuit Victoire Diers. “Il donne une indication sur la masse corporelle et c’est tout, il ne va pas plus loin. Et dans une démarche de remise en forme ou de perte de poids, ce qu’il révèle n’est pas suffisant pour bien caractériser la morphologie d’un individu.

Chaque personne est différente et son parcours, son mode de vie et ses pratiques influent sur sa construction physique et son métabolisme. “Lorsque j’échange avec mes patients, en premier lieu, je les interroge sur leurs habitudes de vie, sur ce qu’ils estiment être leur poids de forme - sous-entendu le poids auquel ils se sentent bien, tant physiquement que moralement - sur leur parcours et sur les raisons de leur prise de poids quand ils viennent me voir pour perdre quelques kilos. Je leur demande également quels sont leurs antécédents personnels : beaucoup de pathologies peuvent avoir un impact sur la fluctuation pondérale. C’est important de les connaître…” Si l’IMC sert à catégoriser, il est ainsi important de le nuancer en étudiant d’autres facteurs. Dans le mode de calcul de l’IMC, la taille peut être prise en compte de façon brute, a contrario du poids. Car, d’une personne à l’autre, le poids n’est pas toujours l’addition de masses réparties de la même façon dans le corps… 

L'IMC : la définition d'une bonne santé ?

Comment nuancer l’IMC ? 

Prenons le cas d’un sportif confirmé : le muscle est plus lourd que la graisse, et notre sportif, tout musclé qu’il est, est susceptible d’avoir un IMC élevé, sans pour autant que sa santé soit en danger. L’IMC prend en effet en compte le poids total d’un individu, sans faire le distingo entre les différentes natures de masses qui le composent. Idem pour le cas d’une personne ayant un squelette lourd : là aussi, le calcul sera quelque peu faussé et l’IMC ne fera pas la différence entre une personne plus ou moins “charpentée”. “Après avoir échangé avec mes patients, il m’arrive d’utiliser ce qu’on appelle un impédancemètre”, indique la diététicienne. “Cet appareil, qui fonctionne comme une balance, calcule le poids total, ainsi que le pourcentage de masse graisseuse, de masse musculaire, d’eau dans le corps, ainsi que le poids du squelette. Cela nous permet d’avoir des données un peu plus détaillées et de nuancer l’IMC.”

Autre point faible de l’IMC : il ne révèle pas où sont localisées les masses graisseuses. Les surcharges pondérales, selon l’endroit où elles sont situées (ventre, hanches…) ne présentent pas les mêmes risques pour la personne. “Il m’arrive de mesurer par exemple le tour de taille de mes patients”, précise Victoire. “Cela nous permet, sur plusieurs mois de mesurer les effets de la remise en forme.
Si certaines données, prises de façon isolée, peuvent devenir “bêtes et méchantes”, elles peuvent être un outil précieux et encourageant lorsqu’elles sont bien utilisées, notamment pas un professionnel de santé. “Lorsque l’un de mes patients entame un programme de remise en forme, il se peut qu’il ne perde pas de poids le premier mois car le muscle prend le pas sur la graisse, et qu’il est plus lourd qu’elle. Et donc, l’IMC ne change pas. C’est aussi pour cette raison qu’il faut être prudent dans l’utilisation de cet indice. En réalité, la composition corporelle de l’individu change, mais ce n’est pas mesurable par le fait de monter sur sa balance. Dans ce cadre, l’impédancemètre a une vision plus large et plus détaillée de ce qui se passe en réalité.”

Comment calculer sa bonne forme physique ? 

Selon moi, un poids de forme est un poids dans lequel une personne se sent bien physiquement et moralement”, souligne la diététicienne. “Il faut être réaliste lorsque l’on se fixe des objectifs et que l’on veut par exemple perdre des kilos. Une personne qui a un IMC de 32 pourra difficilement atteindre un IMC de 22 et le tenir sur long terme. Il faut composer et trouver un équilibre entre le fait de préserver sa santé et les efforts à mettre en place. Car un poids de forme, c’est aussi un poids que l’on pourra tenir sur le long terme, sans faire des concessions en permanence et sans être frustré·e, ou faire le yoyo.” Plutôt que de travailler sur des chiffres et des quantités, la diététicienne admet privilégier le travail sur les sensations et les habitudes alimentaires. Pour mesurer votre bonne forme physique, n’hésitez pas à solliciter des professionnels de santé. La réalisation d’un bilan sanguin permet notamment de vérifier les dosages de globules blancs et rouges, les plaquettes, de voir s’il n’y a pas d’anémie ou d’infection. Cela permet de vérifier aussi le taux de cholestérol.  “Les consultations auprès d’un médecin généraliste et d’un diététicien sont un bon moyen pour savoir si vous êtes suffisamment actif·s·ves et si vos habitudes alimentaires sont en adéquation avec votre mode de vie.

En conclusion, on pourrait dire que l’IMC peut être un outil intéressant à utiliser, mais qu’il ne faut pas s’y fier uniquement : cet indice doit être nuancé avec les caractéristiques qui sont propres à chaque individu. N’oubliez pas qu’une bonne forme physique n’est pas qu’une affaire de poids, et que la priorité est de se sentir bien dans ses baskets, sans mettre en péril sa santé. L'activité physique bien sûr et une alimentation équilibrée contribuent à la bonne santé. Si vous décidez de calculer votre IMC et d’en faire une base de départ pour atteindre vos objectifs, sortez vos pincettes et prenez du recul : chaque personne est différente, chacune à ses capacités propres et l’idée n’est pas de rentrer dans une case. Comme le certifiait Oscar Wilde, “soyez vous-mêmes, les autres sont déjà pris”.  

L'IMC : la définition d'une bonne santé ?

Sylvia

RÉDACTrICE CONSEIL

Cavalière passionnée, runneuse à mes heures perdues (il y en a peu), je décline le sport à toutes les sauces et notamment dans mon métier, lié à l'écriture.~Journaliste sportive depuis une dizaine d'années, convaincue des bienfaits que peut nous apporter le sport, j'aime transmettre les bonnes informations en la matière et partager les conseils qui me sont offerts ! 

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