Jeûne intermittent et perte de poids, bonne idée ?

Vous souhaitez pratiquer le jeûne intermittent pour perdre du poids, mais vous ne savez pas par où commencer ? Est-ce bon pour votre  corps ou votre santé ? Laissez-vous guider par notre experte. Objectif : vous partager toutes les clés pour vous lancer en toute sérénité.

Jeûne intermittent et perte de poids, bonne idée ?

 Très souvent associé à un mode de vie sain, le jeûne intermittent fait depuis quelques années la une des magazines se présentant ainsi comme le nouvel atout santé à adopter. Mode d’alimentation, mode de vie ou alors méthode de régime ? Si le jeûne intrigue, il soulève aussi de nombreuses interrogations sur ses bénéfices, les bonnes façons de le pratiquer ou encore ses effets dans une démarche de perte de poids. Découvrez les contours du jeûne intermittent aux côtés de Laura Gaucher, diététicienne et nutritionniste.

1. Le jeûne intermittent : qu’est-ce que c’est ?

En quoi ça consiste vraiment ?

Le jeûne intermittent, de son nom anglais “fasting”, est un mode d’alimentation importé des États-Unis qui vise à alterner une période de prise alimentaire et une période de jeûne, c’est-à-dire de privation, au cours d’une journée et selon la méthode de jeûne choisie. Alors que certain·e·s professionnel·le·s recommandent de ne pratiquer ce mode d’alimentation que durant une période donnée, pour Laura Gaucher, le jeûne intermittent n’a pas de limites dans le temps. Vous pouvez en effet choisir de jeûner durant quelques jours, quelques semaines, quelques mois, voire même plusieurs années dès lors que vous vous faites bien accompagner.

Quels en sont les bienfaits ?

Ces dernières années, de nombreux chercheurs se sont penchés sur les effets du jeûne intermittent sur le corps, la santé, et même sur le métabolisme. Une chose est sûre, cet “élixir de jeunesse” comme le surnomme le Docteur Frédéric Saldmann, regorge d’une multitude de bénéfices. En mettant au repos le système digestif et en lui apportant un meilleur confort, ce mode d’alimentation permettrait de :  
- Renforcer le système immunitaire et redonner de l’énergie
- Réduire les inflammations du corps notamment digestives
- Diminuer le taux de glycémie (sucre) et d’insuline dans le sang
- Faire faire une pause aux organes qui participent à l’élimination des toxines comme le foie par exemple, et leur permettre d’éliminer plus efficacement

Si peu d’études ont encore réussi à le démontrer, quelques pistes laissent penser que le jeûne intermittent participerait également à la réduction du stress et de l’anxiété.

S’il existe plusieurs types de jeûnes intermittents, il faut savoir que celui qui vous conviendra le plus, c’est celui qui s’adapte le mieux à votre rythme de vie professionnelle et personnelle. C’est vraiment en fonction de vous et de votre ressenti. Par ailleurs, peu importe l’option que vous choisissez, pensez toujours à vous faire accompagner par un·e professionnel·le de santé spécialisé·e en nutrition pour ne pas risquer d’entraîner de carence ou de déséquilibre alimentaire. 

Quelles sont les différentes méthodes de jeûne ?

Lorsque l’on se lance dans un jeûne, il ne s’agit pas simplement de sauter un repas dans la journée et basta. Au contraire, derrière ce mode d’alimentation, se cache tout un programme qu’il est d’ailleurs recommandé de faire encadrer par un·e professionnel·le de santé.

Parmi les formats de jeûne intermittent les plus pratiqués, on retrouve :  
- Le 16/8, il consiste à jeûner durant 16h et à avoir une prise alimentaire de 8h. Ce programme arrive en tête du podium pour sa facilité à concilier vie pro et perso. Dans la pratique, on peut imaginer soit retirer le petit-déjeuner avec une plage horaire de repas entre 12h et 20h, soit supprimer son dîner.  
- Le 20/4, une technique plus complexe car plus contraignante socialement. Avec le 20/4, vous avez donc une fenêtre de 4h de prise alimentaire, de 12h à 16h ou de 13h à 17h par exemple, pour 20h de jeûne.  
- Le 24h, à l’inverse, revient à ne pas du tout manger 1 à 2 jours maximum par semaine. Pour ce dernier, il est important de ne pas dépasser les 48h sans repas. Cela aurait un impact sur l’apport en glucides, protéines, lipides… et donc entraînerait une dénutrition.  

S’il existe plusieurs types de jeûnes intermittents, il faut savoir que celui qui vous conviendra le plus, c’est celui qui s’adapte le mieux à votre rythme de vie professionnelle et personnelle. C’est vraiment en fonction de vous et de votre ressenti. Par ailleurs, peu importe l’option que vous choisissez, pensez toujours à vous faire accompagner par un·e professionnel·le de santé spécialisé·e en nutrition pour ne pas risquer d’entraîner de carence ou de déséquilibre alimentaire.” nous explique Laura.

Jeûne intermittent et perte de poids, bonne idée ?

2. Focus sur le jeûne intermittent et la perte de poids

Si les questions sur le jeûne sont de plus en plus récurrentes à son cabinet, Laura nous explique que ce n’est pas par curiosité innocente, car l’une des premières raisons qui motive ses patients, est la perte de poids.

Alors, le jeûne intermittent fait-il maigrir ? La réponse est oui. Et la raison est simple, avec le fasting, vous réduisez non seulement les quantités ingérées dans la journée mais vous retirez surtout toutes les prises alimentaires superflues comme les grignotages par exemple.
Mais attention, ce n’est en aucun cas une méthode de régime mais bel et bien un mode d’alimentation. Avec le jeûne et à l’inverse du régime, vous ne supprimez aucune catégorie d’aliments de votre alimentation et ne diminuez pas les calories consommées au cours des repas. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il se pratique sans sensation de restriction, de faim, ou de privation mais aussi que les résultats sur la balance peuvent varier de -0kg à -5kg par exemple. C’est extrêmement variable selon tout à chacun.

3. Comment (bien) pratiquer le jeûne ?

 S’hydrater et consommer les bons aliments

Avant toute chose, Laura nous rappelle qu’il est essentiel de ne pas négliger l’importance de bien s’hydrater durant le jeûne intermittent et notamment lorsque vous jeûnez. Pour garder un bon niveau d’hydratation de votre organisme, consommez à volonté de l’eau ou des infusions et avec modération du café ou du thé, le tout sans sucre évidemment pour respecter votre programme.

Du côté de l’alimentation, Laura précise qu’il est normal que les premiers jours soient difficiles. Pour passer cette transition avec brio mais aussi durant tout votre jeûne, elle recommande de consommer des fibres, légumes et fruits crus ou cuits, à chaque repas ainsi que des féculents complets ou semi-complets et des légumineuses comme les lentilles ou les pois chiches pour apporter de la satiété. Et pour éviter les piques glycémiques qui ouvrent l’appétit, la diététicienne-nutritionniste insiste sur le fait de limiter sa consommation de sucre blanc.

Du reste, un jeûne intermittent ne doit pas ouvrir les portes à une sur-consommation durant les périodes de prise alimentaire. Servez-vous des quantités raisonnables et privilégiez davantage les bonnes graisses végétales à la viande rouge.

Jeûne intermittent et perte de poids, bonne idée ?

4. Quelles sont les contre-indications du jeûne intermittent ?

Pour qui est-ce déconseillé de suivre cette méthode ?

Le jeûne intermittent n’est, en effet, pas conseillé à toutes et à tous. Laura nous explique que cette pratique reste un état de privation pour le corps et qu’il n’est pas donc pas recommandé à tout le monde.

Parmi les personnes à qui il est contre-indiqué de pratiquer le jeûne intermittent, on retrouve : les enfants et les adolescents en période de croissance, les personnes âgées souvent dénutries, les femmes enceintes et allaitantes, les grands sportif·ve·s ayant un fort besoin en protéines et en glucides, ainsi que les personnes ayant ou ayant eu des troubles du comportement alimentaire (TCA). Pour ces derniers, adopter la pratique du jeûne pourrait accentuer ou faire réapparaître ces troubles de l’alimentation.

Le fasting présente-t-il des risques ?

Si le jeûne intermittent présente de nombreux avantages, des professionnel·elles expriment également des inconvénients à cette pratique. Etat de stress pour l’organisme, fatigue les premiers jours, effets yo-yo sur la balance, contraint la vie sociale ou encore entretient ou peut entraîner des troubles alimentaires, comme exprimé précédemment.

Pour éviter d’en arriver là et de profiter de tous les bienfaits du jeûne intermittent, Laura Gaucher insiste sur la qualité et l’équilibre des repas, le suivi nutritionnel avant, pendant et après un fasting mais aussi sur l’exigence de la régularité sans être trop sévère avec vous-même et vous laissez la liberté de casser le jeûne si nécessaire.

Laura Gaucher conclut : “Si je devais donner un dernier conseil à toutes les personnes qui souhaitent commencer un jeûne intermittent, c’est évidemment de bien se faire accompagner par un·e professionnel·le de santé et d’être rigoureux·se sur les horaires de prises alimentaires pour ne pas fatiguer et stresser l’organisme. Enfin, j’ajouterai qu’un sommeil régulier est nécessaire pour un bon suivi du plan alimentaire. En effet, en dormant, nous sécrétons une hormone de satiété et si vous êtes en manque de sommeil, c’est l’hormone de la faim qui prendra le relais !

Jeûne intermittent et perte de poids, bonne idée ?

Charlotte Bordatto

rédactrice conseils

En sport ou à l'écrit, toujours enthousiaste à l'idée de partager !

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