SPORT ET FUITES URINAIRES : QUE FAIRE ?

Finir trempée après le sport n’est pas toujours bon signe ? On fait le point sur une complication taboue du sport : les fuites urinaires.

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Crampes, ampoules, courbatures… Quand on a un coup de coeur pour un sport, ou pour le sport en général, les petits désagréments font partie du quotidien sportif et on apprend à les éviter ou à faire avec. En bref, on s’adapte.

Sauf que parfois, les gênes engendrées par le sport sont un peu plus... gênantes justement, au propre comme au figuré. Alors pas la peine de tourner autour du pot, on parle dans cet article des fuites urinaires.

Comment gérer votre activité physique si vous êtes sujette aux fuites urinaires, quels sont les liens entre le sport et les fuites et surtout quels sont les sports à privilégier ? C’est parti pour un article sans tabou mais avec plein de mauvais jeux de mots.

Petit point sur un gros tabou

Avant de parler de sport, autant entrer tout de suite dans le vif du sujet. Et on commence par mettre un gros tampon à un gros tabou : en France, 3 millions de femmes déclarent souffrir d’incontinence urinaire. Ce qui représente 1 femme sur 3 et donc forcément pas mal de sportives.

Alors les fuites, comment ça se passe ? L’incontinence urinaire est décrite comme “la plainte de toute fuite involontaire d’urine”. Voilà pour la partie technique. Pour la partie concrète, ça signifie surtout une mauvaise surprise pendant votre séance de sport.

Et comme pour toutes les mauvaises surprises, il y a évidemment une part d’injustice. Si certaines personnes vont être plus sujettes que d’autres aux fuites dans des situations identiques, on distingue tout de même certaines circonstances qui peuvent favoriser les élans incontrôlés lors de votre pratique sportive passionnée :

Tout d’abord, le nombre d’accouchements par voie basse : les sportives qui ont eu plus de 3 enfants sont plus sujettes aux fuites urinaires que celles qui n’ont eu qu’un enfant. Ensuite, l’âge aussi joue un rôle : après 65 ans, le risque d’incontinence urinaire lors d’une activité sportive intense augmente.

Et le dernier facteur bien évidemment, c’est l’activité physique en elle-même : certains sports sont beaucoup plus stressants que d’autres pour le périnée, ce qui augmente le risque de fuite.

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Le périnée : le grand absent du cours de muscu

Ca y est, le mot est lâché : nous voilà à l’origine (du monde) du problème. Le périnée, c’est le muscle qui s’occupe de soutenir le plancher pelvien (entre le vagin et l’anus donc, si nous n’avez pas une page wikipedia ouverte dans l’onglet d’à côté). Et malheureusement pour lui, et donc pour vous, on en entend beaucoup plus souvent parler au planning familial ou chez le gynéco que dans les cours de zumba et de cross training. Evidemment on caricature, mais on va revenir sur ces sports très vite.

 

Le périné donc, c’est le muscle qui se contracte et qui parfois se relâche un peu trop quand vous éternuez, toussez ou rigolez (pas forcément en lisant l’article, mais en général). Mais alors quel est le rapport entre un bon fou rire et une séance intense de squat ?

 

Tout d’abord le résultat : un témoignage surprise d’émotions intenses. Mais aussi la méthode : lors de votre pratique sportive, le périnée est soumis à des efforts répétés. Ils peuvent être dus à la gravité - comme lors de la course à pied, du trampoline ou de la zumba donc - ou à la pression intra-abdominale, comme en haltérophilie par exemple. Dans les deux cas, l’effort de la sangle abdominale surpasse celui du périnée, qui du coup se relâche et cesse d’accomplir un de ces nombreux rôles : jouer le portier avec votre vessie.

Quels sports pour le périnée ?

Maintenant que vous avez une vision un peu plus globale du tableau (toujours aucun rapport avec l’Origine du monde), il est temps de passer aux conseils.

On commence avec le plus important : si vous pratiquez une activité physique qui renforce votre sangle abdominale, on vous conseille de renforcer aussi votre périnée en conséquence. C’est particulièrement vrai si vous avez prévu d’enchaîner les séances d’abdo ou de gainage. A nouveau, les exercices pour tonifier votre plancher périnéal sont plutôt à chercher auprès de votre médecin ou votre gynécologue qu’en club de sport… en général.

Au quotidien, vous pouvez quand même tonifier votre périnée dès que vous y pensez en le contractant tout simplement (n’oubliez pas de laisser un commentaire si vous avez essayé à ce moment-là de l’article). En plus, c’est une façon imparable de faire du sport au travail à longueur de journée.

En ce qui concerne le sport justement, même si les fuites urinaires sont une contrainte réelle, l’activité physique permet quand même d’améliorer votre santé, votre forme globale, de prévenir de nombreuses maladies et de booster votre moral. On est d’accord, c’est plus facile à dire qu’à faire, surtout en ce qui concerne le moral.

L’enjeu, si vous êtes sujette aux fuites urinaires est donc d’adapter votre pratique : soit au niveau de l’intensité et de la durée (les fuites urinaires ont plutôt tendance à survenir en deuxième moitié de séance, lorsque le périnée est fatigué), soit au niveau des protections. Eh oui, le temps d’un entraînement ou d’une compétition, le tampon hygiénique s’avère un allié de choix : il permet de soutenir l’urètre et donc de limiter les fuites.

Enfin, si vous n’avez pas envie de porter de protections supplémentaires quand vous faites du sport et que de toute façon, vous n’aimiez pas tant que ça la course à pied, on vous propose quelques sport plus adaptés et surtout moins stressants pour le périnée !

Les sports réglos avec votre périnée :

Pas de surprise, on retrouve ici des sports qui exercent peu de pression sur votre plancher pelvien (on parle toujours du même endroit), grâce à l’absence de sauts ou de contraintes sur la sangle abdominale. Alors c’est parti pour le top 5 des sports où vous pouvez vous lâcher sans arrière-pensée :

- la marche
- le cyclisme
- le golf
- le roller
- la natation

Mention spéciale : les sports amicaux

On termine cette article avec 2 sports bénéfiques pour votre périnée : le Pilates et le yoga. En plus de renforcer musculairement le périnée, ces sports se basent sur la prise de conscience de votre corps. Un atout de poids pour se réconcilier avec un muscle bien trop négligé dans le sport.

Au quotidien comme dans le sport, il n’est pas toujours évident de gérer un problème qui complique vos moments privilégiés. Mais de l’adaptation de votre pratique sportive à la rééducation périnéale, bien des solutions existent. Alors n’hésitez pas à nous partager vos questions et vos commentaires.

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