Retrouver un sport plaisir après 30 ans, est-ce possible ?

Passé 30 ans, comment pouvons-nous concilier la pratique d'un (nouveau) sport tout en gardant un équilibre dans nos vies ? Et comment prendre du plaisir dans un sport quand nous redevenons débutant·e ?

Retrouver un sport plaisir après 30 ans, est-ce possible ?

Pourquoi je montre du doigt les fameux 30 ans ? Parce que, selon moi, ces deux chiffres sont le symbole d’une période charnière dans notre vie qui laisse souvent peu de place à la pratique assidue d’un sport.

30 Ans, pourquoi je me pose la question ?

30 ans, 2 chiffres et tant de bouleversements. Certain·es s’installent dans un rythme de travail soutenu et n’ont plus d’énergie à donner à leur pratique favorite. D’autres déménagent et perdent leur club de toujours ou fondent une famille et ne trouvent plus de créneaux pour concilier leur nouvelle vie avec la pratique. La vie, le quotidien se structurent autrement et l’habitude du sport s’estompe… Bref, on est devenu vieux.

Okay, j’exagère (un peu). À 30 ans, on est loin d’être vieux et de toute façon, l’âge, c’est dans la tête. Si je vous raconte ça, c’est que je suis en train de le vivre et que je souhaite vous partager mes réflexions et aussi - je l’espère - mes solutions pour retrouver un sport qui procure du plaisir après 30 ans.

En ce qui me concerne, je suis une ancienne gymnaste qui s’entraînait pendant 3 heures, 3 fois par semaine. Mon niveau de pratique me permettait de performer, j’avais une bonne estime de moi et me sentais compétente. Bref, j’étais fière de moi. Après une pause de 4 ans, j’ai repris… Mais comment retrouver cette agréable sensation dans mon sport avec ma nouvelle vie et ma condition physique ? Sinon, comment retrouver un sport qui me procure autant de plaisir ?

C’est à travers mon histoire et celle de Nadège, ex-sportive de haut niveau en Gymnastique Rythmique, que j’ai choisi de répondre à cette question.

Pourquoi est-ce nécessaire de garder un sport après 30 ans ? c’est quoi l’enjeu ?

Le passage à la trentaine est souvent une période de changements. On tente alors de trouver un nouvel équilibre, d’adapter son rythme quotidien, on cherche une routine bien-être... Et quand le sport a toujours fait partie de notre vie - et qu’on a dû le mettre momentanément entre parenthèses - trouver son équilibre passe souvent par la pratique d’une activité physique qui répond à nos nouvelles envies. Et c’est bien trop bon pour s’en priver !

Et puis, avouons-le, nous savons que les bienfaits du sport sur la santé ne sont plus à prouver, quel que soit notre âge. Chacun·e en ressent les bénéfices dès les premières heures de pratique, que ce soit sur le corps ou sur l’esprit. L’activité physique améliore le sommeil, le cardio, l’équilibre mental, la gestion du stress, la vie sociale... Oui, le sport, comme les activités créatives et autres occupations “extra scolaires”, procure du plaisir et participe au bien-être général de chaque Homo sapiens.

C'est sûr, certains sports offrent la possibilité de s’adonner à sa passion plus longtemps que d’autres.
En ce qui concerne mon sport, la gymnastique rythmique, on est considéré comme “senior” à (tenez-vous bien) 16 ans. À 20 ans, on est carrément “vieilles” (oui, parce que c’est un sport principalement féminin). Donc autant dire qu’à 30 ans, on est de véritables dinosaures.  Je me suis donc résolue à trouver une nouvelle pratique sportive, moins exigeante, mais qui me procure autant de plaisir. Et parce que 3 entraînements par semaine, c’était juste plus possible, mon nouveau défi à ce moment-là a été de trouver un nouveau sport qui s’adapte à mon planning.

Comment adapter le sport à son planning ?

Lorsqu'on est enfant, ado ou étudiant·e et que l’on est passionné·e par un sport, on organise sa vie autour de cette activité. Mais comment fait-on une fois adulte ? “C’est simple, on n'y arrive pas” me dit Nadège, 31 ans et maman d’un petit garçon de deux ans.
C’est vrai, lorsque la vie professionnelle et/ou familiale s’installe, c’est davantage autour d’elle que l’on organise son programme. Premier frein à la pratique d’un sport : trouver un créneau qui colle avec notre planning. Deuxième frein : garder une souplesse d’horaires pour pouvoir y aller régulièrement, même si des imprévus surviennent. Difficile d’avoir le beurre et l’argent du beurre… Alors, quel genre de sport proche de chez soi permet de pallier ces deux contraintes ? (et je n’ai même pas encore parlé de plaisir !)

Je vous donne quelques pistes. Avez-vous déjà testé des pratiques dites en “one shot” ? De mon côté, j’ai testé une séance en salle d’escalade. On m’a prêté des chaussons (d’ailleurs, il est possible d’en louer sur place) et… J’ai passé un super moment de sport. J’ai fait la même chose avec le badminton en louant un terrain avec des collègues un midi. Sur le long terme, cette consommation du sport peut devenir onéreuse, mais de manière ponctuelle, c’est pratique pour tester et (se) bouger. En version solo, j’ai aussi tenté la course à pied et des séances en vidéos (de yoga, de renfo etc.) en ligne, à la maison, idéales pour la flexibilité des horaires. Et quand il pleut, aller à la piscine avec une copine me convient très bien. Et ce n’est pas fini ! Vélo, roller, marche, voilà encore quelques activités qui ne nécessitent pas toujours de structures - même si c’est quand même vachement mieux pour progresser - et n'astreignent donc pas d’horaires précis à respecter.

Retrouver un sport plaisir après 30 ans, est-ce possible ?

Apprendre à redevenir novice

Je demande alors à Nadège, vers quel genre de sport elle s’est tournée pour remplacer son sport passion : “À part la course à pied, je ne sais pas quoi tester” me répond-elle d’un air désabusé.

De mon côté, lorsque j’ai arrêté mon sport fétiche, la gym, j’ai testé l’athlétisme. Ce sport complet, qui regroupe de nombreuses disciplines différentes, m’était plutôt accessible étant donné mon passé sportif. Mes fibres musculaires n’étant pas habituées à un travail de sprint, je me suis essayée à la course de haies ou au saut en longueur. Mais quand il a fallu comprendre la perche ou le saut façon Fosbury*, c’est comme si mon cerveau se mettait en grève et que mes pieds partaient en vacances. J’avais peur de me lancer, de la vitesse, de me faire mal. J’avais besoin d’un cours de débutant·e pour les vieux (enfin, adulte quoi) !

Élément qui peut s’apparenter à un nouveau frein pour nombre d’entre nous : les cours de débutant·es sont bien souvent réservés aux Humains âgé·es entre… 6 et 10 ans. Redevenir débutant·e quand on a 30 ans relève du défi quand les structures proches de chez nous ne prodiguent pas de cours adaptés à notre âge et à notre niveau de pratique.

La solution ? Se tourner vers les sports qui bénéficient de cours de niveau débutant pour les adultes. Par exemple, e trouve que les activités du fitness s’adaptent à tous les niveaux de pratique. Côté sports fédérés, le handball, le tennis, le tennis de table, le tir à l’arc font partie des sports qui ouvrent leurs portes aux vieux enfants qui débutent comme nous.

*Du nom de l’athlète américain Dick Fosbury, célèbre pour avoir popularisé et perfectionné le saut en rouleau dorsal (appelé également le « fosbury-flop »).

Faire avec sa (nouvelle) condition physique

Vous ai-je dit que j’ai voulu reprendre la gymnastique ? Convaincue que j’allais reprendre mon pied dans mon sport (comme on dit dans le monde de la contorsion), l’athlétisme n’ayant pas été réceptif à mon approche artistique (clairement, ça collait pas), j’ai voulu retenter… Pour m’apercevoir que faire un sport dans lequel on a été doué·e, avec une condition physique différente, n’est ni évident ni agréable.

Quand on sait ce qu’on a été capable de faire, difficile d’accepter que le corps et les capacités physiques ne soient plus les mêmes. Et pourtant il le faut, car c’est normal ! Lorsque l’on reprend, on doit être capable d’adapter son sport à sa nouvelle condition physique pour une pratique bienveillante et respectueuse de notre santé. Ici, je vous invite au respect envers vous et à l’acceptation de votre évolution physique. C’est super de retrouver des sensations mais il est nécessaire de pratiquer à son niveau pour réduire le risque de blessures et garder le plaisir.

Retrouver un sport plaisir après 30 ans, est-ce possible ?

Compétition ou loisir… doit-on vraiment choisir ?

Lorsque l’on est enfant, la compétition peut être une véritable source de motivation, désignant un objectif à atteindre qui justifie la pratique assidue de son sport. Elle donne une direction, un sens. Et parfois, la compétition effraie ou n’intéresse tout simplement plus. Nadège, grande challengeuse, m’explique :“ce que je recherche le plus dans une nouvelle pratique aujourd’hui, c’est surtout un suivi des performances, pas forcément faire de la compét’. Ce qui est appréciable et stimulant, c’est d’observer ma progression personnelle, pas toujours de se confronter aux autres”.

À vous de jauger vos envies. Il peut être intéressant de se questionner sur ce sujet, dans un sens ou dans un autre ! La compétition peut être un beau challenge pour quelqu’un qui n’en a jamais fait. Mais pratiquer un sport pour son simple plaisir, sans finalité particulière, peut s’avérer une belle expérience pour les compétiteur·ices dans l’âme.

Comment faire pour retrouver un sport plaisir après 30 ans?

⇒ Ouvrir ses chakras et tester des nouvelles pratiques

Profitez de cette période pour tester de nouvelles choses ! Pour ma part, cette année, j’ai opté pour aucun engagement nul part. Je compte sur mon besoin de faire du sport pour garder une pratique régulière - le plus dur, c’est le froid ou la pluie. Un peu de course à pied, un peu de natation, la pratique de Pilates à la maison, des stages de danse ponctuels et si le cœur et le corps m’en dit, j’irai profiter de séances dites en “one shot” en escalade, en badminton et autres sports accessibles en dehors des clubs fédérés. Je m’autorise même à ne rien faire, c’est vrai, après tout, le corps a aussi besoin de récupération de temps en temps.

⇒ Répondre à ses envies du moment

En ce moment, vous avez envie de quoi ? Prendre l’air, vous détendre, vous défouler  ? Reconnectez-vous à vos besoins. Ce n’est pas facile, mais ça favorise votre bien-être, l’alignement avec vous-même. Trouver un sport qui donne envie d’y retourner, ça, ça me semble un bon indicateur. Le principal, c’est le plaisir et à chacun·e ses critères.

⇒ Seul·e ou bien accompagné·e

En fonction de votre tempérament et de votre emploi du temps, pratiquer seul·e présente des avantages, notamment la flexibilité des créneaux. Pratiquer en groupe ou avec un.e pote de sport présente une véritable source de motivation quand c’est plus difficile de sortir de chez soi. Ces deux façons de pratiquer présentes des inconvénients, la motivation à faire du sport seul·e d’un côté ou à l’inverse faire du sport pour faire plaisir à l’autre… Mieux vaut les avoir en tête, surtout si votre objectif est de garder le rythme tout au long de l’année.

✎ le petit recap’ du trentenaire en recherche de sport plaisir :

✓ Trouvez le créneau qui match avec la vie que vous menez
✓ Faites des tests en one shot pour voir si ça accroche (> à lire : quel sport sans trop dépenser ?)
✓ Vérifiez que ça colle avec le budget prévu (> à potasser : les aides financières pour pratiquer un sport)
✓ Trouvez un objectif même si ce n’est pas compétitif (courir 1 fois par semaine ?)
✓ Soyez progressif·ve et régulier·ère dans la pratique
✓ Écoutez vos envies, faites le pour vous et non pour faire plaisir à un·e ami·e (rien de tel qu’une motivation intrinsèque)
✓ (On ne le dira jamais assez :) Acceptez et osez être débutant·e

Cette liste est un premier guide pour vous aider à retrouver le plaisir du sport même avec un nouveau rythme de vie. (Re)lancez-vous !

Retrouver un sport plaisir après 30 ans, est-ce possible ?

Céciliane

Rédactrice conseils

Journaliste et coach sportif, grande adepte des activités artistiques et toujours partante pour suivre les grands événements sportifs !

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