Qu'est-ce que la nage en eau libre ?

Qu’est-ce que la nage en eau libre exactement ? Présentation et histoire de cette discipline de la natation, aussi conviviale que surprenante.

Qu'est-ce que la nage en eau libre ?

Vous souhaitez découvrir la nage en eau libre ? Sachez qu’au même titre que le VTT ou le trail, elle est une composante des sports dits de pleine nature… Bref, une discipline sportive très en vogue, car accessible quasiment partout et à un large public ! Alors, concrètement, la nage ou natation en eau libre, qu’est-ce que ça peut bien être ? D’ailleurs, pourquoi « eau libre » ? Quels sont ses atouts et qui peut la pratiquer ? Quelle est son histoire ? Sûr que l’état d’esprit positif et solidaire de cette pratique de la natation va vous séduire. Avec les bons conseils en poche de Giuliana — nageuse en eau libre depuis 2005 et cheffe de produit Nabaiji — je vous explique tout. 

Qu'est-ce que la nage en eau libre ?

Natation en eau libre : LA définition

Lorsqu’il est question de « natation en eau libre », de quoi parle-t-on exactement ? D’abord, l’expression désigne la pratique de la nage en lac, mer ou rivière. D’où le terme « eau libre », par opposition au fait de nager en piscine, la natation dite plus « traditionnelle ».

Ensuite, l’expression « nage en eau libre » désigne aussi toutes les épreuves de natation sportive qui se déroulent en milieu ouvert. Là encore, on fait la distinction avec la natation en bassin. Il peut s’agir d’épreuves de loisir ou dans le cadre de championnats nationaux ou internationaux, y compris les olympiades.

Quelle différence entre la nage en eau libre et la nage en piscine ?

Sur le plan physique, on développe ses muscles et sa fonction cardio-respiratoire de la même manière sur les 2 pratiques. Pourtant, on trouve de nombreuses distinctions.

D’abord, le cadre ! Une piscine vs un lac, ou une rivière, ou la mer… Quoi rêver de mieux, si ce n’est le décor proposé par la nage en eau libre ? Il change tout le temps. Un même paysage se transforme lui aussi : la couleur de l’eau, les éventuelles marées… Toutes ces variations donnent un caractère unique à chaque traversée. Pas de quoi s’ennuyer !

Justement, dans la nature, le·a nageur·se sait particulièrement s’adapter, car il·elle prend en considération différents paramètres :
- les conditions météo : vent, houle, vagues...
- les éventuels courants,
- la température de l’eau,
- les divers éléments géographiques du lieu.
Dans un bassin, pas de grain de sable dans le rouage.

D’ailleurs, pour nager droit en eau libre malgré ces variations, on doit trouver des repères. En piscine, on a son couloir. Dans la nature, on va apprendre à garder son cap en trouvant un élément visuel le plus haut possible. De cette manière, au moment de la respiration la tête hors de l’eau, on le retrouve tout de suite. Cette façon de respirer est propre à la natation en eau libre. Et on peut s’y exercer, notamment pour savoir où aller lorsqu’on est face à une ligne d’horizon.

Hors d’une piscine, oubliez les chronos ! Avec des éléments naturels changeants, la vitesse de nage est aléatoire et le temps de traversée aussi. Une pression en moins, du plaisir en plus.

Le + de Giuliana : « La traversée que j’effectue le plus régulièrement est celle de la baie de Socoa à Saint-Jean-de-Luz, France. Avec les variations de météo, de marée... C’est différent tous les jours ! »

Atouts et bienfaits de la nage en eau libre

Si l’on en croit des nageur·ses en eau libre, la discipline confère une sensation de liberté unique. En plus, ce contact avec la nature a des vertus sur le bien-être mental. C’est un sport anti-stress : il vous permet de libérer des endorphines et de vous sentir tel·le un·e super héros·oïne après l’effort !

Et puis, il y a le plaisir du voyage, de la découverte de lieux incroyables, et ce, de manière privilégiée... puisqu’au milieu d’un espace naturel, au milieu de l’eau. D’ailleurs, de plus en plus d’entreprises de tourisme proposent des parcours alternatifs, comme en Croatie par exemple. Une manière sportive de découvrir un pays avec un autre regard.

Le + de Giuliana : « Pour moi, le plus grand plaisir est de nager dans une eau claire, notamment en Méditerranée, et regarder ce qui se passe en dessous : poissons et faune aquatique. C’est super beau ! »

Qu'est-ce que la nage en eau libre ?
Qu'est-ce que la nage en eau libre ?

La natation en eau libre, un sport de groupe

Vous aimez le partage, la solidarité et les bonnes tranches de rigolade ? Sachez que ce type de natation est un fort vecteur de lien social. Il s’agit du sport individuel le plus collectif qui soit ! Les sorties en eau libre se font la plupart du temps en groupe. Elles constituent des moments d’échanges et de plaisir pour les pratiquant·es. L’occasion de faire du sport avec des ami·es ou de se lier avec d’autres nageur·ses.

On papote le temps de mettre sa combinaison, au moment d’une pause sur le parcours de nage pour attendre l’ensemble de l’équipe et, bien sûr, après l’effort ! Esprit de camaraderie et grande solidarité entre les sportif·ves font partie des valeurs de la nage en eau libre.

Chacun se préoccupe des autres. Pas question de partir le plus vite possible et de laisser tout le monde sur le carreau. On s’attend régulièrement, on s’assure que chacun·e va bien et on épaule ceux·elles qui rencontrent des difficultés. À chaque bouée ou pause, le groupe repart ensemble. Cela crée une union entre les membres et en fait un vrai sport collectif. De quoi faire oublier l’effort et ne garder en tête que les moments de plaisir !

Le + de Giuliana : « Chaque traversée permet de découvrir un nouvel endroit avec des amis, de prendre ce temps ensemble et d’en profiter à fond. »

La natation en eau libre, c’est pour qui ?

La discipline sportive est accessible à tou·tes. Seule condition requise, avoir à proximité de chez soi : un étang, un cours d’eau ou encore une plage ouvert·e aux nageur·ses. En y allant à son rythme et en se fixant des objectifs adaptés à ses capacités physiques, tout le monde peut s’épanouir pleinement.

Bien sûr, la nage en eau libre convient particulièrement bien aux nageur·ses en piscine qui souhaitent être plus en contact avec la nature ou qui ont la volonté d’explorer un terrain de jeu inédit. C’est alors une autre forme de dépassement personnel et la découverte d’un nouveau sport.

Il s’agit pour certain·es d’apprendre à être à l’aise dans l’eau libre, d’acquérir une technique différente... Finalement, passer à la nage en eau libre c’est comme passer du vélo au VTT, du triathlon au swimrun, ou de la course à pied au trail.

Le + de Giuliana : « Je suis une ancienne nageuse en bassin, j’avais de moins en moins d’intérêt pour la vitesse. J’ai été invitée à une course en pleine nature et suis tombée amoureuse de la nage en eau libre. C’est la liberté ! »

Qualités développées par la nage en eau libre

Pratiquer la natation en eau libre permet de développer certaines qualités comme :
- l’adaptabilité,
- l’endurance,
- ou le sens tactique (surtout dans le cas où on est à la recherche de performance).
D’ailleurs, on compare parfois la discipline au cyclisme pour la bonne gestion de son corps et de ses efforts.

Et puis, à chacun·e son défi ! Si le dépassement de soi est au cœur de la nage en eau libre, la pratique permet de se tester et de se fixer ses propres objectifs. Pour certain·es, il s’agira de nager pour la première fois là où il·elle n’a pas pied, d’oublier l’appréhension de l’eau, pour d’autres de parcourir 1, 5, 10 km à la nage et ainsi de suite. L’important : se dépasser et goûter au plaisir d’y arriver. Cette discipline favorise le développement de la confiance en soi.

Comment s’équiper pour nager en eau libre ?

Le premier indispensable : la bouée de nage en eau libre. Elle est sécurisante de 2 manières. D’abord, elle sert à être vu·e. Avec sa couleur vive, jaune ou rouge, les plaisancier·ères remarquent vite le·a sportif·ve. Et puis, en cas de fatigue, elle permet de se reposer pour récupérer puis repartir.

Selon la température de l’eau et le temps qu’on souhaite y rester, la combinaison peut être nécessaire. Elle protège le·a nageur·se thermiquement. Elle favorise la flottaison et donc une efficacité de nage plus importante.

En dessous d’une eau à 15 °C, il peut être également utile de s’équiper d’un bonnet, de gants et de chaussettes en néoprène.

Qu'est-ce que la nage en eau libre ?
Qu'est-ce que la nage en eau libre ?

Des compétitions de nage en eau libre populaires et locales

De nombreuses courses de loisir de nage en eau libre sont organisées partout dans le monde. Quasiment chaque ville disposant d’un plan d’eau, d’un bras de mer, ou d’une rivière propose son propre parcours. Ces compétitions accessibles à tous·tes sont très populaires et peuvent aller de 500 à plusieurs milliers de participant·es. Les moins confirmé·es nagent généralement en groupe : plus facile de garder son cap.

Objectif : plaisir ! L’important dans ce type de rassemblement c’est d’être ensemble, de discuter, de partager, de découvrir un nouvel endroit et d’arriver au bout. Bref, juste la joie de la traversée.

La course est aussi et surtout un excellent prétexte pour nager dans des lieux extraordinaires : au pied du Sahara au Maroc, dans les piscines naturelles des plages d’Australie, ou encore en plein Paris dans le bassin de la Villette.

Le + de Giuliana : « Mes courses préférées, et que je recommande, sont celles d’Espagne : convivialité, tapas et bière à l’arrivée ! »

Histoire et records de la nage en eau libre

Mais au fait, d’où vient la pratique de la nage en eau libre ? Si dans notre inconscient collectif la natation se pratique essentiellement en bassin, il va sans dire que la nage en eau libre est en fait l’origine même de la natation. Imaginez : la plupart des piscines n’ont été construites qu’à partir de la seconde moitié du XXe siècle !

Et si on remontait dans le temps pour mieux comprendre ?

La natation en eau libre, un sport de poète

Sport et littérature ne font pas bon ménage selon vous ? En nage en eau libre c’est tout le contraire ! C’est le poète Lord Byron lui-même qui initie l’essor de la pratique en 1810. En plein tour d’Europe, il décide de rendre une forme d’hommage au Léandre d’Ovide alors qu’il fait escale non loin du lieu de cette légende du 1er siècle. En bref : l’histoire d’un jeune homme qui chaque soir traverse le détroit des Dardanelles, en actuelle Turquie, pour rejoindre sa bien-aimée.

Le poète britannique parcourt à la nage les 4 km de ce même détroit. Fort de son exploit, il réitère l’expérience à Venise en 1818 en nageant 4 h 12 d’affilée. C’est le début de l’engouement en Europe, des courses et des associations de natation vont voir le jour au fil du XIXe siècle.

La traversée de la Manche : premier grand exploit de nage en eau libre

Matthew Webb est un capitaine anglais. À 27 ans, en août 1875, il se lance un défi : partir de Douvres et traverser la Manche à la nage. Il y parvient et arrive à Calais 21 h 45 plus tard. Ce premier marathon en eau libre entre dans l’histoire. La presse couvre l’événement et contribue à l’essor de la discipline. Le public devient friand de ces épreuves en mer, lac ou rivière, dites « de grand fond ». Aujourd’hui, plus de 2000 nageur·ses ont relié les 2 rives de la Manche.

LA 1RE MOITIÉ DU XXE SIÈCLE OU LE SUCCÈS GRANDISSANT DE LA NATATION EN EAU LIBRE DANS LE MONDE

Tout au long de la première moitié du XXe siècle, un peu partout autour du globe, des villes pourvues d’estuaire, d’étang ou de bras de mer, vont proposer leur propre traversée. Les nouveaux événements, toujours plus nombreux, offrent des parcours hétérogènes : allant de 500 m à plusieurs dizaines de km. Afin d’harmoniser les distances et les prix, la Fédération mondiale professionnelle de natation marathon est créée en 1963.

Qu'est-ce que la nage en eau libre ?

La 2de moitié du XXe siècle, le sacre de la natation traditionnelle en bassin

Sur cette période, la construction de piscines s’accroît et met de côté, pendant un temps, la nage en eau libre professionnelle au profit de la natation en bassin. Malgré cette évolution du sport vers la piscine, les mordu·es de l’eau libre restent nombreux à travers le monde. Les marathons amateurs connaissent d’ailleurs un franc succès, comme les 12,3 km du lac Léman ou les 16 km du lac britannique Windermere.

Le retour en grâce de la nage en eau libre : années 1990 et 2000

L’intérêt des nageur·ses pour la natation en eau libre est grandissant. Les premiers championnats du monde de la discipline sont organisés en 1991 en Australie, à Perth, dans la rivière Swann. Ils se dérouleront de manière autonome jusqu’en 2010.

Et les épreuves olympiques dans tout ça ? Si la natation se pratiquait en eau libre à la fin du XIXe siècle, les piscines ont pris le relais en 1908 pour accueillir les différentes disciplines aquatiques. Il faut attendre 2008, à Pékin, pour que la « natation en eau libre » retrouve un parcours. Celle du marathon de 10 km en milieu naturel.

Qu'est-ce que la nage en eau libre ?

LES COMPÉTITIONS DE NATATION EN EAU LIBRE AU NIVEAU MONDIAL

Depuis 2011, la nage en eau libre a intégré les championnats du monde de natation, rejoignant les autres disciplines se déroulant en piscine : la natation course, la natation artistique et le plongeon. Ces mondiaux sont organisés tous les 2 ans, en année impaire. Au programme des épreuves de natation en eau libre : 5, 10 et 25 km. Sur la plus courte distance, il existe 2 types de parcours : en individuel et en relais par équipes. Le 10 km permet, quant à lui, de se qualifier pour la prochaine olympiade d’été.

Une discipline à records

On l’a compris, la nage en eau libre est bien plus qu’un sport. Le dépassement de soi y est au cœur et la discipline flirte parfois avec le sensationnel. On repense aux prouesses de Lord Byron ou de Matthew Webb.

Ainsi, les objectifs à atteindre y sont légion, avec des records des plus classiques aux plus insolites réalisés par des sportif·ves expérimenté·es :
- Record de distance : Lilian Aymeric, soit 236 km pour relier l'île Maurice à la Réunion en 3 jours, en 2016 ;
Nombre de traversées d’affilée d’un détroit : Sarah Thomas a effectué 4 traversées de la Manche en 2019, soit 214 km en 54 heures et 10 min;
- Le nageur marathonien le plus âgé : Toshio Tominaga a 73 ans, en 2016, lorsqu’il brave les courants puissants du détroit de Tsugaru au Japon, soit 38 km en 10 h;
- La traversée à la nage du pôle Nord : Lewis Pugh en 2007, 1 km en 18 min et 50 s’ dans une eau à -1,8°;
- Porter un tronc d’arbre à la nage sur une longue distance : En 2018, Ross Edgley tracte un tronc de 45 kg entre la Martinique et Sainte-Lucie, soit sur 102 km en 20 h.

C’est d’ailleurs dans cet esprit qu’a été imaginé le défi sportif « Oceans seven ». Il consiste à traverser à la nage les 7 détroits les plus inhospitaliers du monde, car en proie à de fortes variations de courant. On y retrouve les détroits : de la Manche, de Gibraltar, de Tsugaru au Japon, de Cook en Nouvelle-Zélande, Molokai à Hawaï, le canal de Santa Catalina aux États unis et celui du Nord entre l’Irlande et le Royaume-Uni.

Qu'est-ce que la nage en eau libre ?

Ambiance, atouts, bienfaits, histoire et exploits, vous savez tout sur la natation en eau libre. Nul besoin de battre des records pour prendre le large et vous jeter à l’eau. Alors, vous êtes plutôt mer, rivière ou lac ? Partagez avec nous vos premières ou vos meilleures expériences de nage en eau libre en commentaire.

Qu'est-ce que la nage en eau libre ?

VÉRONIQUE ESTRADE

Yin yoga, rando, vélo… (parfois électrique, j’avoue ;-) ) : je suis une adepte du slow sport. Mon intention : concilier bien-être, évasion et loisir. Je porte aussi un regard émerveillé sur toutes les disciplines artistiques.
Mes 10 ans de danse rythmique y sont certainement pour quelque chose ! Mais ce que j’apprécie surtout, c’est de me laisser gagner par l’enthousiasme des sportifs passionnés que je rencontre. Et de le communiquer ensuite dans les tutos et conseils que je rédige ici.

CES CONSEILS PEUVENT VOUS INTÉRESSER