Peut-on avoir une addiction au sport ?

La bigorexie, vous connaissez ? Parlons des fou-furieux·ses du sport qui en ont fait leur propre drogue, au sens littéral.

Peut-on avoir une addiction au sport ?

Les vertus du sport sont nombreuses : de nombreuses études ont montré que la pratique d'une activité physique était bon pour la santé physique et mentale. Les pratiquant·es d'une activité sportive trouvent dans celle-ci un sentiment de plaisir, un gain d'estime et de confiance en soi. A priori donc, le sport ne présente que des bénéfices. Pourtant dans certains cas, une dépendance à l'exercice peut se créer, au même titre que le dépendance à la consommation de drogues, et se transformer en addiction.

Concrètement, l’addiction au sport est assimilée à une pratique excessive et anormale du sport qui rend les personnes dépendantes. À ce niveau-là, on parle de maladie, car il s’agit d’un trouble du comportement qui nécessite parfois une prise en charge thérapeutique. Pour répondre à la question, oui, nous pouvons devenir accro au sport ! Cependant, il ne faut pas confondre plaisir et addiction. De nombreuses personnes prétendent être "accro" au sport, parce qu'elles ont besoin de pratiquer une activité sportive tous les jours de 1 heure ou plus, toutefois, cela ne signifie pas qu’elles sont bigorexiques pour autant.

Comment s'appelle cette addiction (maladie) au sport ?

L'addiction au sport porte plusieurs noms comme "addiction à l'activité physique" ou encore "addiction à l'effort", mais le plus connu reste la "bigorexie" qui est le nom plus officiel pour parler de cette maladie du sport. La bigorexie est reconnue comme une maladie par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) depuis septembre 2011. Cette maladie concernerait environ 15% des sportif·ves.

Qu'est-ce que la bigorexie ? définition de cette maladie

On parle de bigorexie lorsque la performance tourne à l’obsession et conduit le·la sportif·ve à s’enfermer dans une bulle, cherchant toujours à se dépasser, quitte à ne plus écouter son corps. Cette addiction comportementale pousse les sportif·ves à avoir une pratique en constante augmentation ce qui peut conduire à de nombreuses blessures, un sentiment de stress intense et de culpabilité lorsque que les personnes jugent quelles n'ont pas eu leur dose de sport.
On remarque alors une sensation de mal-être et un désintérêt pour tout ce qui ne touche pas au sport. Les personnes qui pratiquent des sports individuels d'endurance tels que le cyclisme, la course à pied, le triathlon ou des sports pour lesquels les attentes sont extrêmement exigeantes comme la danse, le fitness, sont souvent plus sujettes à cette addiction.

Pourquoi devient-on addict au sport ?

Le sport procure de nombreux bienfaits en libérant des endorphines, de la dopamine et de l’adrénaline. Après une bonne séance de sport, telle une récompense d’après effort, une partie de notre cerveau libère de la dopamine qui résulte de cette sensation de bien-être et de plaisir. Les sportif·ves sont souvent à la recherche de cette sensation de plaisir que l'on peut retrouver par exemple avec l'absorption de sucre, de caféine..., qui ont aussi des conséquences addictives. Plus on pratique une activité physique, plus on crée une forme de dépendance à la dopamine produite par notre corps. Lorsque la recherche du plaisir se transforme en obsession, on parle de bigorexie.

La drogue du sport : symptômes d'une dépendance ?

La bigorexie touche aussi bien les femmes que les hommes, tous les âges et tous les niveaux sportifs. On dit que les bigorexiques pratiquent une activité sportive au moins 10 heures par semaine. On retrouve essentiellement cette addiction chez des sujets pratiquant la musculation ou la course à pied. Ce type de sport intense déclenche une sensation d’euphorie, de plaisir et de satisfaction. C’est pourquoi les sportifs s’entraînent de plus en plus souvent jusqu’à atteindre un niveau de dépendance. La bigorexie n’est pas sans risques pour l’organisme : à force de tirer sur la corde et pousser le corps dans ses retranchements, le risque de blessures devient plus élevé. Cette dépendance aura un effet néfaste sur votre santé et sur votre vie sociale.

Comment se soigner (sevrage) de l'addiction au sport ?

Comme toute drogue, la première étape sera de reconnaître qu’on a un problème d'addiction au sport et besoin d'un sevrage : le déni fait partie des symptômes d’une dépendance. Tout comme les autres addictions, la bigorexie peut se soigner avec l’aide d’un psychiatre sur un traitement thérapeutique, en centre de soins, ou encore grâce à l'aide d'un médecin du sport. Le but étant de retrouver un équilibre avec un rythme de séances de sport plus modéré, et non de stopper toute activité sportive. Un professionnel permettra au patient de retrouver un équilibre. 

Comment prévenir la bigorexie ?

Comme toute drogue, il existe des conseils de prévention en addictologie pour éviter de devenir accro à la pratique sportive. Voici une liste de conseils pour éviter que ne s'installe un besoin de pratique excessive du sport :
- en variant ses activités sportives avec des séances d'étirement (stretching),
- en pratiquant un sport collectif plutôt qu’individuel afin de garder une vie sociale,
- quand le sport commence à devenir envahissant, en réduisant le nombre de vos séances ou la durée,
- en restant à l’écoute de ses ami·es, surtout les personnes sportives qui seront plus à même de vous venir en aide,
- en gardant en tête que le sport est un plaisir avant tout,
- en pensant à faire des pauses régulières pour s'hydrater,
- en pensant à la récupération, notamment pour les triathlètes, il existe des exercices pour récupérer après un triathlon.

Bien sûr n'hésitez pas à vous rapprocher des bons interlocuteurs spécialistes des troubles du comportement liés à l'addiction aux drogues, car, oui, le sport peut en être une.

Peut-on avoir une addiction au sport ?

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