GR20 : deux débutantes en trekking se lancent le défi de traverser la Corse à pied !

Novices en trekking mais sportives et armées d'un mental d'acier, Manon et Elisabeth ont réussi à finir l'un des plus mythiques itinéraires de trek : le GR 20 !
Retrouvez ici le récit de leurs aventures corses, entre contemplation de paysages et péripéties météorologiques...

randonnée GR20 niveau

À la recherche d’un défi fou, c’est le GR 20 qui nous a séduit. 11 jours pour réaliser 180 km en traversant la Corse du Nord au Sud : plutôt séduisant comme challenge.
Seul hic... nous n’avons jamais fait de trek de notre vie !
Voici le récit de notre aventure complètement dingue.

QUELQUES INFOS SUR CE TREK en Corse, le long du GR20 :

Quand partir faire le GR20 ?

La meilleure période pour faire le GR 20 est lorsque les refuges sont ouverts, entre fin mai et début octobre.
Cependant, chaque mois à ses avantages et ses inconvénients :
- En juin : vous aurez peu de monde sur le parcours, les journées sont longues, mais selon la météo du début d’année, des névés (reste de neige) peuvent être encore présents. Des crampons vous seront donc nécessaires sur certaines parties du parcours.
- En juillet - août : il n’y aura plus de névés, le temps sera au rendez-vous (les températures peuvent parfois même être trop élevées en journée), vous trouverez sans problème des sources, et la fréquentation du sentier sera plus importante.
- En septembre : il y aura de nouveau moins de monde mais vous aurez des risques d’orages et certaines sources peuvent être à sec.

Attention : avec la situation sanitaire de covid (trek réalisé en 2021), il y a de fortes chances pour que la fréquentation du GR20 ait été inhabituelle.

Découvrez tous les conseils d'Elisabeth et Manon pour bien préparer le GR20 ainsi que son hydratation et sa nourriture pendant ce trek.

L'ITINÉRAIRE DE Manon et Éli
SUR LE GR20

(Trek réalisé du 28 août au 7 septembre 2021)

- Journée 1 // Etape 1 : Calenzana - Ortu Di U Piobbu
- Journée 2 // Etape 2 & 3 : Orto Di U Piobbu - Ascu Stagnu
- Journée 3 // Etape 4 : Ascu Stagnu - Tighjettu
- Journée 4 // Etape 5 : Tighjettu - Ciottulu di i Mori
- Journée 5 // Etape 6 : Ciottulu di i Mori - Manganu
- Journée 6 // Etape 7 & 8 : Manganu - Onda
- Journée 7 // Etape 9 : Onda - Vizzavona
- Journée 8 // Etape 10 & presque 11:  Vizzavona - Col de Verde
- Journée 9 // Fin de l’étape 11 & 12 : Colde di Verde - Usciolu
- Journée 10 // Etape 13 & 14 : Usciolu - Asinau
- Journée 11 // Etape 15 & 16 : Asinau - Conca

transport jusqu'au debut du gr20

ÉTAPE 1 DU GR20 :
CALENZANA - ORTU DI U PIOBBU

- BIEN SE METTRE EN JAMBES -
Autant directement rentrer dans le bain, on se lève à 5h pour un décollage de Charles de Gaules à 7h. On atterrit à 9h et notre première mission débute immédiatement : faire du stop pour aller de Calvi à Calenzana !

Sans surprise, l’hospitalité Corse fait qu’on attend à peine deux minutes pour trouver notre chauffeur. Mais il y a un mais ... je perds mes bâtons et Elisabeth son chapeau, le tout en moins de 30 minutes ! Ça commence bien ! Mais ça ne va pas nous arrêter pour autant, on respire un grand coup et nous voilà reparties.

On quitte tranquillement Calenzana pour s’élever dans les montagnes Corses : 10,5 km, 1550 m de dénivelé positif, des passages techniques, de l’escalade et un refuge au bout du chemin, le tout en 6h.
Le refuge est plein de randonneurs qui, tout comme nous, ne savent pas encore ce qui les attend. On fête cette première journée avec une Pietra fraîche, un bon lyophilisé et un magnifique coucher de soleil. Finalement, ce n'est pas si difficile que ça le GR 20 ! On s’endort à 20h30 en ayant déjà hâte d’affronter la journée du lendemain.

Ortu di u Piobbu
passage rocheux GR20

éTAPE 2 ET 3 du GR20 :
ORTO DI U PIOBBU - CAROZZU - ASCU STAGNU

- LA DOUBLE ÉTAPE QUI REMET EN QUESTION TON JUGEMENT SUR LE GR20 -
Debout à 5h pour partir à 6h entamer une journée qui s’annonce longue : 11h de marche.

Finalement le GR20, on se rend compte que c’est plus de l’escalade qu’une simple randonnée… montées, descentes, rochers à monter : on est bien essoufflées.
On arrive à Carozzu pour midi, ce qui est parfait pour la pause déjeuner. Pas de gastro mais nos salades niçoises, foies de morue, biscottes et fromage corse achetés la veille, feront parfaitement l’affaire.

On repart à 13h pour la troisième étape qui fut forte en émotions : la pluie était de la partie et a rendu les montées plus difficiles. On s’est même demandées si on n’allait pas appeler les secours !! Mais un peu de courage et finalement nous avons escaladé la roche sans trop de souci. Après une descente très pentue, nous arrivons au refuge d’Ascu Stagnu aux alentours de 18h. Pour notre plus grand bonheur, l’eau des douches est chaude ! Quel plaisir ! Au dodo à 20h30.

Carozzu GR20

étape 4 DU GR20 :
Ascu Stagnu – Tighjettu

- THE étape du GR20 -
Apparemment, ce sera l’étape la plus difficile du GR20. Quoi, c’est vraiment possible après ce que l’on a vécu la veille ?!

Bon, réveil à 5h du matin pour affronter cela. On quitte la station d’Ascu par un chemin plutôt sympa dans une forêt de pins et le long du ruisseau de Tighjettu, pour le moment tout va bien, ça paraît plutôt simple. Mais ne crions pas victoire trop vite…Et c’est là que tout se complique, on entame une montée qui durera au total 3h. Une montée qui nous semble interminable. Oui, oui c’est bien le mot : quand tu penses être au bout, comme par magie un nouveau col pointe le bout de son nez.

Par contre, il suffit de tourner la tête pour admirer des paysages plus incroyables les uns que les autres. Et on ne vous parle même pas de ce qui vous attend une fois au sommet (2607 m d’altitude). Une vue à 360 degrés sur la Corse et à notre gauche le Monte Cintu : le sommet le plus haut de Corse (2700 m d’altitude).

Mais qui dit montée, dit descente ! Après avoir capturé ces beaux moments, on relace les chaussures pour entamer la descente. Il nous faut alors environ 3h30 pour atteindre le refuge de Tighjettu, un endroit magnifique perdu dans les montagnes Corses. On vient de faire 8h de marche, 8 km, 1200 m de dénivelé positif et 1000 m de négatif.
On arrive les premières et, comme un orage est annoncé, on opte pour une nuit en dortoir. L’effort a été long et beau et, pour nous féliciter de cette journée, on succombe au repas servi par nos hôtes. Ce soir ce sera assiette de charcuterie, pâtes bolognaises et compote de pomme maison, le tout avec beaucoup de convivialité et de rencontres. Les pieds commencent à chauffer, on prend le temps de les bichonner avant de se glisser dans nos sacs de couchage avec un joli coucher de soleil sur les montagnes Corses.

Monte Cintu GR20

étape 5 du GR20 :
Tighjettu – Ciottulu di i Mori

- PETITE ÉTAPE POUR RECHARGER LES BATTERIES -
Aujourd’hui nous partons pour une étape plus courte d’environ 4h. On prend notre temps et on démarre la marche à 9h après un bon petit déjeuner.

Le temps est magnifique et nous avons la chance de croiser un point d’eau sur notre chemin, on s’y arrête pour se tremper les pieds et déjeuner des restes de la veille au soir. On partage ce repas avec Alain, un compagnon de voyage que nous avons retrouvé près de cette rivière. C’est aussi ça les joies du GR : partager des moments inédits avec des personnes rencontrées le long du parcours !

Après le déjeuner, nous continuons notre route et arrivons au refuge vers 14h, seulement voilà : le refuge fait face à une pénurie d’eau. Il faut donc aller chercher de l’eau à la source qui se trouve à 1h de marche. Heureusement, on a de gentils copains de GR20 qui y sont allés pour nous. On pose nos affaires dans la tente et nous voilà partie pour une après-midi tranquille entre bronzette pour certains et balades autour du refuge pour d’autres.
Ce soir au menu c’est omelette au jambon Corse, quel régal ! Parfait pour nous réchauffer avant d’aller se coucher dans un froid glacial (nous sommes à 1990 m d’altitude, le refuge le plus haut de Corse). Demain, une grosse journée nous attend. Bonne nuit !

GR 20 CIOTTULU DI I MORI

Etape 6 du GR20 :
Ciottulu di I Mori – Manganu

- UNE LONGUE, TRÈS LONGUE ET BELLE ÉTAPE -
Aujourd’hui la journée va être longue. Les guides la définissent comme “LA” plus longue étape du GR20, mais elle ne serait pas la plus compliquée. On quitte notre refuge à 6h30 du matin avec pour premier objectif, l’hôtel Castel de Vergio annoncé à 2h de marche pour le petit-déjeuner. Mais ce n’est qu’au bout de 3h qu’on y arrive (quand on a faim, 1h de plus c’est loooooong !).

D’ailleurs si c’était à refaire, l’étape 5 étant rapide, nous nous serions plutôt arrêtées à Castel de Vergio pour raccourcir l’étape 6.
Une fois requinquée, nous reprenons la route pour les 16 km restants. Le chemin est “roulant”, le dénivelé est “faible” et nous traversons des forêts … Ça fait un bien fou aux jambes !

3h plus tard, nous voilà face au lac de Ninu (1760 m d’altitude). Il fait beau, il y a du monde et on y mange notre sandwich tout en admirant ce paysage unique.
1h plus tard on s’arrête dans une rivière pour tremper nos pieds, l’eau est froide mais après 5 jours de marche, je vous laisse imaginer le bien fou que ça peut faire !

Rafraîchies, on reprend la route, il ne doit rester plus qu’une heure avant d’arriver au refuge de Manganu. Au tournant d’une légère montée, nous y voilà déjà ! Ah non, c’est une bergerie, ouille, la fausse joie. Tant pis, on s’arrête prendre un café avec une vue magnifique sur la vallée où gambadent chevaux et vaches.
Le refuge n’est plus très loin puisque nous pouvons l’apercevoir au loin.

Et en effet, 30 min après notre pause café nous voilà : il est 16h30 et on vient de faire 23 km, 643 m de dénivelé positif et 1033 m de négatif.
On y prend la meilleure douche de notre vie (après deux jours sans avoir pu se laver) et il est temps de dormir.

GR 20 : MANGANU

Étape 7 et 8 du GR20 :
de Manganu à Onda

- L’HISTOIRE DES LASAGNES -
Après la longue étape d’hier, ce ne sera pas aujourd’hui que nous nous reposerons. Nous partons pour une journée d’environ 11h puisque nous faisons deux étapes en un jour. La motivation réside en de super lasagnes servies au refuge de l’Onda, on a déjà hâte d’être arrivées.

Départ 6h du matin accompagnées de copains rencontrés sur le parcours, le début annonce la couleur de la journée : plus de 2h de montée pour arriver sur les hauteurs des lacs de Melo et Capitello. Une vue à couper le souffle !
Après une pause collation nous reprenons la marche et descendons jusqu’au refuge de Petra Piana à midi, où nous mangeons notre plat lyophilisé avant de repartir jusqu’au refuge de l’Onda où nous dormirons le soir.

Une variante est faisable en passant par les crêtes, qui nous fait gagner plus d’une heure de marche. Seul bémol, de l’orage est prévu dans l’après-midi… Mais pas de quoi nous faire peur, nous décidons de faire cette variante. Entre brume, pluie et fatigue, nous arrivons au refuge à 17h après une très longue descente dans les cailloux (finalement comme tous les jours, mais chaque descente paraît interminable).

Nous sommes exténuées ce soir, sûrement parce que la journée fût rude, longue et stressante avec la météo instable. Mais cerise sur le gâteau :
- il n’y a plus de place pour réserver les lasagnes
- il pleut à torrent et le refuge est très éloigné de l’accueil où nous avons décidé de manger du pain avec du thon en boite et des snickers (ça fait moins rêver que les lasagnes !!)
- la douche est froide
Ce soir le moral est dans les chaussettes et tandis que nous décidons de nous mettre au lit à 18h, deux copains du GR20 nous ramènent une bière pour faire passer notre chagrin. Et mine de rien, nous allons nous coucher avec un peu plus de réconfort. Merci Nico et Flo ;)
Demain, de l’orage est prévu alors nous décidons de mettre le réveil à 5h pour décider de ce que nous faisons.

GR20 : ONDA
GR20 : refuge de l'onda

ÉTAPE 9 DU GR20 :
ONDA À VIZZAVONA

- ON A FAIT LA MOITIÉ DU GR 20 ! -
L’idée initiale était de doubler cette journée pour arriver à Capanelle. Mais suite à la journée éprouvante de la veille, on décide de revoir nos plans et de finalement n'aller qu’à Vizzavona.

On se réveille à 6h avec un magnifique lever de soleil pour accompagner notre petit déjeuner. On en profite car on sait que le départ va être rude. Une montée de 711m de dénivelé nous attend… assez violent comme réveil musculaire ! Au bout d’1h30 nous voilà au sommet de Punta Muratello (2141 m d’altitude), mais le plus dur arrive… une descente interminable de -1221 m jusqu’au refuge de Vizzavona. On descend des barres rocheuses pour ensuite longer le ruisseau de l’Angone, en passant par la cascade des anglais !

Il est 12h20 et on a fait la moitié du GR 20 !
Pour fêter ça, direction le restaurant du village avec Alain, Théo, Nico et Flo. On profite de l'après-midi pour reprendre un maximum d’énergie pour la partie Sud et, à contre-cœur, on leurs dit au revoir.

Etape 10 à 11 :
vizzavona AU COL DI Verde

- UNE JOURNÉE PLUVIEUSE -
Nouveau réveil à 5h30 pour esquiver l’orage prévu en journée (décidément, il nous suit celui-ci). Sous les conseils d’un guide rencontré la veille, nous nous arrêterons à la bergerie du col di Verde pour dormir, à 1h30 de marche avant Prati. Celui-ci étant situé en hauteur, en cas de pluie et d’orage c’est apparemment folklorique de dormir là-bas.

Après 2h30 de marche nous arrivons au col de Bocca Palmentu où nous admirons le lever de soleil. Nous reprenons la route jusqu’à Capanelle où nous prenons un café et nous nous restaurons. Elisabeth a beaucoup d’ampoules depuis deux jours, c’est aussi le moment pour elle de refaire ses pansements et laisser ses pieds respirer un court instant.
Nous repartons sans l’ombre d’un orage mais il ne saurait tarder… La pluie pointe le bout de son nez en début d’après-midi et celle-ci ne s’arrêtera pas avant plusieurs heures. On marche sous une pluie battante pendant plus de deux heures, un torrent se forme à travers la forêt tellement le débit d’eau est fort. Nous sommes trempées, exténuées mais sans comprendre comment notre corps continue à courir mécaniquement jusqu’à la bergerie Verde où nous arrivons à 15h20.

Par magie, nous entrons dans le refuge où se trouve une cheminée. Il fait chaud, les gens sont accueillants et cette fois-ci la douche est brûlante. De quoi réchauffer nos coeurs ! Le menu du soir nous fera presque oublier la journée que nous venons de passer : côte de porc grillée au feu de cheminée avec gratin de courgettes, fromage corse et mousse au chocolat. Certainement le meilleur repas mangé du GR20. Une belle nuit se profile en perspective après cette grosse journée de plus de 25km.

GR20 : bocca palmentu
GR20 : COL DI VERDE À USCIOLU

FIN DE L’ÉTAPE 11 & ÉTAPE 12 DU GR20 :
COL DI VERDE À USCIOLU

- APRÈS LA PLUIE VIENT LE BEAU TEMPS ! OU PAS ... -
Aujourd’hui, on décolle du refuge plus tardivement (7h30). La cause : nos vêtements de la veille sont toujours en train de sécher près de la cheminée...

On commence la journée par une montée jusqu’à Bocca d’oru (à 1840 m d’altitude) où l’on profite d’une magnifique vue sur la mer avant d’arriver au refuge de Prati. On s'arrête pour prendre un café sous le soleil et soigner les ampoules qui commencent à sérieusement piquer.

Le temps file, on remet nos chaussures pour prendre la direction d’Usciolu. On grimpe pendant 1h30 pour atteindre le point culminant de cette étape : la Punta Cappella (2041 m). On longe des crêtes avant d’arriver sur une partie assez plate où l'on décide de déjeuner et sans surprise, avec une vue incroyable !

Mais voilà, qu’une montée INTERMINABLE nous attend : pour la digestion, on adore !
Il doit faire beau aujourd’hui nous ont-ils dit ! Mais la montagne nous réserve bien des surprises. En moins de deux, nous voilà sous la pluie, dans le brouillard et sur la crête d’Acqua d’Acelli… Comment vous dire : on était pas, mais pas du tout rassurées ! On accélère le pas, tout en faisant bien attention de ne pas glisser et 1h plus tard nous voilà arrivées !

Le temps est mauvais, on opte donc pour une nuit en refuge. Mais nous ne sommes pas les seules à avoir eu cette idée ! On se retrouve entassés dans ce dortoir pour la nuit et ce n’est pas le feu de cheminée que vont sentir nos vêtements demain matin. ;)

bivouac GR20

ÉTAPES 13 ET 14 DU GR20 :
USCIOLU À ASINAU

- LA PLUIE NE NOUS QUITTE PAS -
Réveil à 5h du matin pour partir à 6h en compagnie de Marguerite, Baptiste et Guillaume. On commence à adopter des gestes mécaniques : laçage de chaussures, lampe frontale bien placée sur la tête et hop c’est parti !

Nous optons pour une variante de 7h en passant par le point culminant du Sud de la Corse : la Bocca Stazzunara (2025 m). Nous déjeunons en haut du col où nous avons vue sur les aiguilles de Bavella avant d’entamer une très grosse descente jusqu’au refuge d’Asinau. Nous voyons les nuages arriver au loin, en se disant que cette fois-ci il faut les éviter à tout prix.
Nous arrivons toujours sous le soleil aux alentours de 15h, parfait pour faire la sieste entourées de vaches que nous voyons déféquer devant les tentes (pas très sympathique, pourvu que ça ne nous arrive pas). L’orage aura entendu nos prières et montrera le bout de son nez quand nous serons paisiblement en train de somnoler dans nos sacs de couchage.

C’est notre dernière nuit en refuge, alors pas d’excuses pour louper l’apéro avec les copains du GR. Au menu : Pietra, cacahuètes, fromage corse, TUC et saucisson. On ne pouvait pas rêver mieux pour une dernière soirée ! Normalement ça aurait du être notre avant-dernière soirée mais nous avons décidé, avec l’engouement du groupe que nous avions formé entre randonneurs, de finalement doubler les deux dernières étapes. Ce qui nous fera terminer le GR20 en 11 jours au lieu de 12. Demain nous attend donc une grosse journée, on ne tarde pas à aller se coucher.

GR20 : USCIOLU À ASINAU
arrivée GR20

ÉTAPES 15 & 16 DU GR20 :
DE ASINAU À CONCA

- ON A FINI LE GR 20 ! -
C’est la dernière journée et elle va être longue (environ 11h de marche et 30 km de marche). On se met tous d’accord pour un réveil à 4h45 et un départ à 5h30 : ça pique !

Nous voilà parties avec notre petit groupe de 5, tous déterminés à finir le GR20 !
Par contre, on veut clôturer cette aventure joliment et, d’un commun accord, on décide de prendre la variante alpine pour contempler de près les aiguilles de Bavella (aussi appelées les cornes d’Asinao).

Il est 7h30, nous aurions dû voir l’intersection pour la variante il y a 20 minutes… dans le noir, il se peut qu’on ait loupé l’indication, on décide de rebrousser chemin. Et bingo, la voici ! On vient de perdre 40 minutes, mais apparemment le jeu en vaut vraiment la chandelle alors c’est parti pour la grimpette.

Et il en valait bel et bien la peine. Des aiguilles surplombant la Corse avec le soleil levant : encore un spectacle merveilleux ! On longe des crêtes, on escalade une dernière fois, on se faufile d’une aiguille à une autre pour finalement descendre vers le village. On récupère deux autres camarades de marche : Victor et Maxime, pour filer tous ensemble vers le refuge de l’étape 15 : Paliri. La fatigue commence à se faire sérieusement sentir, on déjeune et on reprend la route rapidement pour ne pas se refroidir.

Il va falloir faire attention à nos genoux sur cette dernière étape, car la descente est rude, très rude (1 100 m de dénivelé négatif). On n'y échappe pas, c’est difficile, ça sent la fin, les pieds chauffent, mais comme par magie un ruisseau et ses bassines pointent le bout de leur nez. Forcément, on s’y arrête et en moins de deux, les chaussettes sont enlevées et nos pieds sont dedans. On s’y baigne, on y mange et nous voilà frais comme des gardons à attaquer cette dernière heure de marche !

On poursuit notre descente, avec une vue imprenable sur la mer… plus que quelques kilomètres ! Nous voilà au village de Conca, on passe en l’espace d’un instant d’un chemin en forêt à de la route en bitume, drôle de sensation pour les pieds après 11 jours. Mais ce n’est pas encore fini, il faut encore descendre jusqu’à ce fameux panneau d’arrivée.

Le voilà, on l’a fait ! On est tellement heureuses et soulagées. Ce soir on trinquera et on mangera à notre réussite.

3 JOURS DE TREK DANS LE PARC NATUREL DU QUEYRAS

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