De plus en plus de grands joueurs se lancent dans une carrière d'entraîneur ces dernières années. Le fait d’avoir été un joueur de foot hors du commun assure-t-il de devenir un bon entraîneur ? Décryptage…
Zidane, Pirlo, Deschamps, Guardiola, Pochettino … autant de joueurs au palmarès long comme le bras, qui ont décidé de passer le cap, en devenant entraîneur d’un club professionnel ou d’une sélection nationale. Les exemples cités (hormis Pirlo, pour lequel il est difficile de se faire un avis définitif au vu de son jeune parcours) ont tous réussi la transition joueur/entraîneur avec succès, mais est-ce toujours le cas ? Et faut-il obligatoirement avoir été joueur pour être un bon manager ?
Dans le football moderne, il devient de plus en plus difficile de gérer les égos. Les joueurs deviennent des stars de plus en plus jeunes, gagnent des sommes très élevées, très vite. La popularité du football à travers le globe fait d’eux de véritables icônes. Il faut donc être capable de s’imposer afin de tirer le meilleur de son groupe.
Le fait d'avoir été joueur et qui plus est, un excellent joueur, aide forcément à gagner le respect du vestiaire. Zinedine Zidane, par exemple, a bénéficié de son statut d’ancien joueur, considéré parmi les meilleurs de l’histoire, dans sa gestion d’un vestiaire composé presque exclusivement de stars. Karim Benzema ou encore Cristiano Ronaldo ont clamé à de nombreuses reprises leur admiration pour “Zizou” et le plaisir qu’ils prenaient à travailler avec l’une de leurs idoles. On peut donc affirmer que les grands joueurs bénéficient d’une certaine aura, au moins au début de leur carrière.
De plus, avoir été footballeur peut parfois aider l’entraîneur à analyser ce que ressentent les joueurs et permet d’avoir une approche différente dans la gestion humaine de l’effectif. On dit souvent que les anciens joueurs de haut niveau ont un avantage dans l’approche psychologique qu’ils peuvent avoir avec les membres de leur effectif.
Avoir été un grand joueur de football peut aider à devenir un grand entraîneur, mais cela n’est pas forcément un gage de réussite. Il existe de nombreux exemples montrant qu’il peut s’avérer difficile de passer le cap et d’endosser la gestion d’une équipe.
Nous parlions plus tôt de Didier Deschamps qui s’est forgé l’un des plus beaux palmarès du football français en tant que joueur. Avant de devenir entraîneur avec notamment comme fait marquant d’avoir emmené l’AS Monaco en finale de la ligue des champions, dans ce qui fut l’une des plus belle épopée d’un club français en coupe d’Europe. Il a aussi entraîné l'Olympique de Marseille et le Juventus Turin avant de prendre la tête de l’équipe de France avec les résultats que l’on connaît.
D'autres “légendes” n’ont pas connu le même succès. Ainsi, le parcours de Michel Platini à la tête de l’équipe nationale (entre 1988 et 1992) sans être une énorme catastrophe n’a pas permis à la France de gagner une compétition majeure. Rabah Madjer, ancien international algérien, a été à plusieurs reprises sélectionneur des fennecs d’Algérie pour un bilan de 5 victoires, 7 matchs nuls et 10 défaites. De jeunes entraîneurs comme Thierry Henry, par exemple, ont marqué l’histoire du foot en tant que joueur mais tardent à confirmer en tant que manager.
Certains des plus grands coachs de l’air moderne ne sont pas passés par la case joueur. José Mourinho, André Villas-Boas ou encore Gérard Houiller n’ont jamais porté le maillot d’une équipe professionnelle et le moins que l’on puisse dire, est que cela ne les a pas empêché de remplir l'armoire à trophées des clubs par lesquels ils sont passés.
Plus récemment, Julian Nagelsmann (Bayern Munich), qui a dû abandonner sa carrière de joueur à l’âge de 20 ans, suite à une grave blessure, nous a montré que l’on pouvait être un excellent coach sans avoir été un grand joueur. Il est d’ailleurs le plus jeune entraîneur des 5 grands championnats européens à seulement 33 ans (deux ans de moins que Manuel Neuer, le capitaine du Bayern de Munich qu’il entraînera la saison prochaine).