#UnAutreCycle / Louise et Océane… l’aventure continue !

2 mois, 3000 km et 200 femmes rencontrées plus tard, les voilà de retour.

spoiler : le vélo au féminin, ça existe depuis très longtemps et sert l’émancipation des femmes depuis pas mal de temps aussi.

#UnAutreCycle / Louise et Océane… l’aventure continue !

Le projet était parti de la sortie du livre “A vos cycles, le guide du vélo féminin”, Louise avait alors rencontré une vingtaine de femmes, aux profils très différents et avec des pratiques du vélo très différentes aussi.
Et ce projet, Louise et Océane ont eu envie de le faire vivre ! Dont acte. Elles se sont lancées dans un tour de France de rencontres.

On les a rencontrées avant leur départ… Maintenant qu’elles sont revenues, il est l’heure d’un premier bilan !

QUEL EST LE MOMENT PARTICULIEREMENT MARQUANT dans ce voyage ?

Océane : l’étape entre Saint-Nazaire et Nantes, qui a commencé avec la traversée du pont de Saint-Nazaire, un pont assez impressionnant, vraiment fait pour les voitures… On a eu de la chance, il y avait une voie de circulation fermée pour travaux. On a donc pu le prendre de façon un peu plus sereine, malgré des rafales à 70 km/h…
On a ensuite longé la Loire jusqu’à Nantes, avec un peu de soleil, le vent dans le dos… L’étape du bonheur, après 2 semaines de pluie avec un peu de dénivelé en plus…

Louise : Moi j’étais en vélo cargo, donc plus compliqué dès qu’il y a une montée… Et quand on s’est retrouvées en Normandie, en Suisse normande, où ça fait que monter et descendre, sous la pluie… J’avais des petites sur-chaussures, pleines d’eau, ça faisait floc-floc…, on se demandait ce qu’on faisait là, à vouloir parler liberté et émancipation… alors qu’on est juste en galère ! Heureusement Océ était derrière, à m’encourager…

Ce serait quoi vos propositions pour démocratiser le vélo davantage auprès des femmes ?

Océ : des pistes cyclables plus larges, plus sûres. La pratique du vélo en ville reste très genrée : les femmes vont faire les courses, déposer (et récupérer) les enfants à l’école… elles ont besoin d’infrastructures plus larges, plus sécurisées. Ce qui fait que même dans les villes les plus cyclables, on n’est encore qu’à 40% de femmes. Et 40%, c’est le meilleur chiffre trouvé !

Louise : sur la partie plus sportive, ça passe par la médiatisation. Ce projet permet de rendre visibles, de mettre en lumière toutes ces femmes, et permettre à des femmes, peut-être des petites filles, de se dire “moi je veux être comme Swanee, je veux fabriquer des vélos, ou je veux être comme Gaëlle je veux voyager, ou je veux être comme Marion, je veux faire du sport de haut-niveau."

Aujourd’hui, il n’y a que 10% de femmes à la fédération française de cyclisme. Donc médiatiser le sport féminin, et donner de l’argent au sport féminin permettra de créer des vocations.

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la médiatisation : un cercle vicieux ?

Au lendemain de la première édition féminine de Paris-Roubaix femme (2021), c'est l'occasion de rappeler que la gagnante touche 20 fois moins que le gagnant ("Un écart qui s’explique en partie par l’histoire de la course. Cette première édition féminine devra se faire un nom avant d’attirer de gros sponsors. comme l'indique La Voix du Nord) ou encore le fait que l'Équipe, par exemple, n'en parle pas sur sa Une. Le serpent qui se mord la queue...

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Selon vous, ces envies d’émancipation, elles sont davantage liées à une époque ou au genre ?

L : Historiquement, les femmes sont surtout moins visibles dans ce domaine. À ce sujet, je recommande de livre de Lucie Azema (on en parle dans cet article : nous aussi on l'a bien aimé !), Les femmes aussi sont du voyage, où on lit que les femmes sont extrêmement minoritaires dans les récits d’aventure et les récits d’exploration parce qu’historiquement la place des femmes est plutôt domestique.

O : Oui et non, Titiou Lecoq vient de sortir un livre sur l’histoire par les femmes (Grandes oubliées, Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes) dans lesquelles elle explique que c’est aussi une théorie, de dire que la place des femmes est domestique : on se rapprocherait plus de la vérité en disant qu'on ne les a pas laissées entrer dans l’histoire, malgré une présence bien réelle. Il y a des femmes exploratrices. Il y a des femmes scientifiques.
Bref, oui cette envie d’ailleurs et d’aventure est très mixte en fait.

L : Ce qu’on a pu observer au fil de nos rencontres, c’est que cette envie ne s’exprime pas de la même manière. Si on prend l’exemple de Gaëlle, qui a fait un truc de dingue en traversant le lac Baïkal, elle explique qu’elle cherchait de belles lumières, un son tamisé par le froid… Alors qu’un homme a fait deux semaines après, et lui raconte le nombre de kilomètres par exemple. Il était dans un récit mesuré, statistique…
L’envie reste la même.

O : C’est aussi peut-être lié au fait que c’est moins attendu : une femme aventurière sort de l’ordinaire alors qu’un homme aventurier, c’est plus commun, plus valorisé.

#UnAutreCycle / Louise et Océane… l’aventure continue !

Vous pensez que le vélo a un rôle à jouer dans la place de la femme dans l’espace public ?

O : Je vais m’éloigner de la question pour y répondre…

On a rencontré Charlotte Brun, qui a travaillé sur les cours de récréation. L’idée : voir comment la cour de récré peut influencer la place que l’enfant prendra ensuite dans la ville.

Traditionnellement, les cours de récréation en France, étaient construites autour d’un terrain central de jeu collectif, souvent de foot, souvent occupé par des garçons, souvent les plus sportifs, les plus dynamiques… et les petites filles restaient sur le côté pour des activités “plus douces” de discussions, de lecture… On a compris que ça influençait, des années plus tard, la place à laquelle la femme pensait avoir droit dans l’espace public. Les hommes utilisent plus le cœur du trottoir quand les femmes marchent côté murs. Et cela vaut aussi pour l’espace politique, professionnel… Le lien avec le vélo ? Changer, dans les esprits, la place à laquelle chacun à droit.

En se déplaçant à vélo, on prend une place différente dans la ville, on est plus agile, plus en sécurité que de marcher seule dans la nuit, on se déplace plus rapidement que les voitures souvent en ville…

podcast - La France à vélo pour raconter les femmes

Une histoire de sororité par Océane et Louise

Dans cet épisode, et dans le cadre de la réalisation de leur documentaire, Océane et Louise, fondatrices de l'association Un autre cycle, partent pour un tour de France à vélo à la rencontre de quelque 200 femmes qui font, elles aussi, du vélo. L'idée ? Mettre en lumière ces cyclistes et comprendre leur démarche d'inclusion du vélo dans leur quotidien : pour voyager, faire du tourisme, en guise d'outil de transport, ou en tant que moyen d'émancipation… vous le verrez, le vélo est (toujours) bien plus qu'un simple vélo !

Au cours de ce périple long de 2 mois et de 3 000 kilomètres, Océane et Louise reviennent pour nous sur 4 jours qui les ont particulièrement marquées : ceux passés aux côtés de Sarah, la conquérante aux yeux qui pétillent, aussi connue pour être la première femme à être entrée dans la Mecque à vélo. Entre Toulouse et Montpellier, sur fond de champs de coquelicots et de flash-back entre le Caire et la Mecque, faites le plein de good vibes, de levers et de couchers de soleil, mais aussi de respect partagé, et de prise de conscience quant aux multiples places qu'occupent les femmes dans ce monde et à leurs capacités à tracer leurs propres itinéraires, en deux-roues ou non.
Bref, voir le monde à vélo, c’est un grand voyage, certes, mais surtout le point de départ d'un nouveau mode de vie plus simple, plus authentique, où l'on transporte ses rêves et ses revendications dans son sac à dos et où nos rencontres siègent avec bienveillance sur notre porte-bagages… Et cela, Océane, Louise, et Sarah en parlent à merveille !

Et après ce tour, c’est quoi la suite ?
Terminer le documentaire : le montage, l’écriture de la voix off, la recherche de la musique…
Puis le rendre visible le plus largement possible : l’envoyer dans des festivals, le montrer à un public scolaire, des centres sociaux… sans compter le montrer aux femmes qui ont participé à ce film.

#UnAutreCycle / Louise et Océane… l’aventure continue !

berangere

Quand je ne visite pas des expo, je suis sur mon vélo, à la baby-gym ou dans un bassin, j'aime écrire sur tous ces sujets. Comme ça, la boucle est bouclée !
(ah oui, je suis même "billard d'argent" aussi)
#TeamDecath

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