Se sentir prête à (re)faire du sport
Ma relation au sport n'a jamais été simple. Entre une malformation osseuse de naissance corrigée au prix d'une lourde rééducation et la pression de cette fichue courbe de naissance dès l'école primaire, la pratique sportive me rappelait surtout que mon corps était différent et inférieur. J'ai pris des cours de danse pendant mon adolescence et au début de l'âge adulte, mais cette impression persistait.
Quand j'avais le temps et un accès à très peu cher, j'allais nager à la piscine municipale. Je voulais apprendre, tout simplement, et m'autoriser à profiter de ce moment en tant que femme grosse, sans m'en excuser. Une autre femme grosse venait régulièrement nager. Elle était si rapide et endurante !
Le déclic décisif a été, comme pour plein d'autres personnes, les deux confinements pour cause d'épidémie de Covid-19 en 2020. Après un an de restrictions de mobilité – et trop de travail pour aller régulièrement à la piscine – j'ai osé passer la porte d'une salle de sport à la fin de l'été 2021. J'avais 33 ans et un trac pas possible : et si je ne me sentais pas à ma place ? J'ai vite réalisé que non, je ne suis pas inférieure et j'ai le droit d'être différente car grosse.
« L'activité physique était une grande source de plaisir dans mon enfance », se rappelle Myriam, « Puis je l'ai évitée pendant longtemps, à cause de la honte et de la douleur d'avoir perdu en mobilité » suite à une prise de poids. Pour retrouver une bonne qualité de vie physique et mentale, la femme de 37 ans décide de se « rééduquer au mouvement » il y a une dizaine d'années. Désormais, elle ne conçoit plus sa vie sans.
« Le regard de l'autre est malheureusement une réalité », confirme Claire Castagne, « Quoi que fassent les personnes grosses, elles sont jugées. Après des années de brimades, elles doivent apprendre à se faire confiance, faire confiance à leur corps et retrouver des sensations agréables. C'est un super beau chemin à voir et accompagner. »





