La détox digitale : le sport pour déconnecter ?

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Ting, fiou, zuit… Il ne s’agit pas là du générique d’un dessin animé mais plutôt du bruit continu de nos smartphones, sans cesse prêts à se rappeler à notre attention. Usant parfois, non ? Il est peut-être temps d’une détox digitale.

Mais nous séparer quelques instants (voire jours) de nos meilleurs alliés technologiques promet de nous donner du fil à retordre. Et si le sport ou l’activité physique nous y aidait ? J’ai tourné autour du sujet et j’ai enfin tenté l’aventure, et c’est peu de le dire.

On dit détox digitale ou numérique ?

C’est en réalité la première question que je me suis posée. Parce qu’en fait, “digital”, ça veut dire “avec le doigt” (empreintes digitales, ça ne s’invente pas). C’est un anglicisme qu’on utilise communément pour remplacer “numérique” d’où les montres à affichage digital par exemple (?!). J’en conclus que si on dit, “détox digitale”, ça veut littéralement dire qu’on fait une détox avec le doigt. Etrange mais je suis contrainte de m’incliner : c’est la manière dont ce phénomène est désormais appelé. Alors tant pis pour détox numérique, même si bon, j’aurais préféré et Larousse aussi sans doute.

Nous passons en moyenne 27 années et quelques de notre vie en ligne, pour une durée de vie d’environ 82 ans. Le tiers, en fait.

Mais pourquoi donc faire une détox digitale ?

Trêve de digression, entrons dans le vif du sujet. Je ne sais pas vous mais moi j’ai grandi à l’époque des 3310 (d’ailleurs je vous invite à écouter ce génial podcast d’une vie en 3310 en 2021) et de l’ennui dans les salles d’attente où on n’avait pas d’autre choix que de lire des magazines vieux de 5 ans. Eh bien parfois, cette époque me manque.
Alors oui, elles sont bien pratiques ces petites choses qui nous servent de téléphone : on peut à la fois chercher sa route, consulter sa boîte mail du boulot, savoir quel âge a Brad Pitt en 2 secondes chrono et créer une conversation de groupe pour le cadeau d’anniversaire de Tatie Suzie. Mais il y a un mais - et même plus d’un - à toute cette avancée technologique.
D’abord, quelques chiffres parce que j’en avais besoin pour me confronter à la réalité. Cette étude de juin 2021 nous explique qu’en France, nous passons en moyenne 27 années et quelques de notre vie en ligne, pour une durée de vie d’environ 82 ans. Le tiers de notre vie. En fait, ça représente environ 56 heures par semaine passées sur Internet, parmi lesquelles 20 consacrées au travail et le reste, à notre temps libre partagé entre réseaux sociaux, sites de streaming, Youtube et compagnie. Et télétravail et Covid n’ont rien arrangé. Voilà voilà.

La digital detox c’est quoi ?

Nos smartphones diabolisés

Très bien et donc nous passons beaucoup de temps devant nos écrans. Et c’est mal ? 
Oui et non, ça dépend de vous disons. Nous sommes tout de même nombreux à souffrir du FOMO (et j’en fais partie) : le Fear Of Missing Out, vous savez cette crainte de rater une information, un événement, une conversation. Cette crainte qui induit que nous restions connecté·es à nos téléphones en permanence pour être sûr·es d’être au courant de tout, au cas où ce serait vraiment important. Et je vous pose la question : a-t-on envie de vivre avec cette crainte, tapie en sourdine ?
Troubles du sommeil, de la concentration, de la mémoire… le tableau noir de nos écrans est dressé. Peut-être n’êtes-vous pas concerné·e. Moi, je le suis, pour la concentration. Et je me rends compte que j’ai du mal à me passer de mon téléphone, que l'addiction à Internet s'installe. C’était le signal qui m’a donné une bonne raison de faire une détox, un sevrage numérique.

La digital detox c’est quoi ?

Alors, comment faire une détox digitale ?

On peut commencer par 3 fois rien et y aller progressivement : laisser son téléphone dans une autre pièce pendant 1 heure, une demie-journée ou plus. Utiliser une application pour couper les notifications ou avoir des reportings du temps passé devant les écrans (Cleverest et Forest ont l’air pas mal btw). Perso, ça m’ennuyait de faire mon sevrage numérique avec un outil… numérique.
J’ai donc d’abord choisi de faire un tri sur mon smartphone (supprimer des vieux amis Facebook, des contacts devenus inutiles, des anciens messages, des applis que je n’ai pas ouvertes récemment…) et réorganiser mes applications. En première page de mon écran, juste celles vraiment utiles : messages, appels, GPS, podcasts, calendrier, notes, météo. En seconde page, triées dans des dossiers, toutes les autres, comme ça c’est un peu plus pénible d’y accéder. Et puis, et surtout, il y a le sport.

La digital detox c’est quoi ?

Le sport, fer de lance du sevrage numérique

Je ne lâchais jamais mes écrans et j’en ai eu une overdose. Et puis j’ai choisi de traverser l’Europe à vélo. Je me suis enlevé un gros poids en supprimant les outils digitaux : pas d’ordinateur, pas de GPS, pas de smartphone. 

La digital detox c’est quoi ?

9 jours de trek, 9 jours sans téléphone ou les bienfaits de la detox digitale

L’été dernier, j’ai fait le GR20 en Corse. 180 km de marche, en plein milieu de la nature : quelle meilleure occasion de laisser son smartphone au fond du sac ? Pas besoin de GPS - le sentier est bien balisé - pas besoin de réserver quoique ce soit puisqu’on avait la tente, et probablement pas mal d’endroits sans réseau, je n’avais aucune excuse. Alors j’ai mis le téléphone en mode avion et j’ai marché 9 jours, sans l’activer. Et c’était incroyable. 
Bon, c’était dur, mais la rando, pas la détox digitale. Ça m’a fait beaucoup de bien de me concentrer sur mes pas et mon effort, sans rien d’autre pour perturber mes pensées. Et le soir, après une journée de marche éprouvante, faire des choses simples comme dévorer un repas et lire un bouquin, c’était salutaire. J’étais en paix, j’ai pris le temps de contempler, me vider la tête.
Et le retour à la réalité ? Je me suis reconnectée pour donner des nouvelles à mes proches et… poster une photo sur Instagram :). La vie a repris son cours. Ce que j’en retiens ? Que ça fait du bien de couper, de ne pas être interrompue par des sonneries ou vibrations et que j’ai besoin de ce silence pour contempler la nature. Depuis, de temps à autre quand je suis en vacances, je passe la journée en mode avion. Et je m’envole dans mes pensées. 

La digital detox c’est quoi ?

La retraite de yoga comme détox digitale

Justine, elle, a passé quelques jours au Payanet, près des Gorges du Verdon cet été pour retrouver calme et sérénité. 88 hectares de forêt, lac et rivière : “un cadre idéal pour déconnecter. J’avais besoin d’un temps pour moi, de me laisser porter loin de tout, pour me vider la tête, me détendre et activer mon corps
Là-bas, tout est justement prévu pour ne penser qu’à soi et souffler : pas de repas à préparer, d’activités à organiser, tout est sur place. J’avais 2 cours de yoga par jour. En plus, on peut faire toutes les activités prévues et au début, je m’en suis donné à coeur joie. A partir du 3e jour, je me suis dit que ça faisait trop, j’avais un agenda trop chargé et je n’étais pas venue pour ça, je n’avais pas le temps de souffler. J’ai ralenti le rythme avec une activité par jour, plus le yoga. C’est accessible à tous les niveaux, sans pression.
J’avais pris mon téléphone mais je m’en suis très peu servi. Je l’ai utilisé pour le réveil, prendre des photos, vidéos et passer quelques coups de fil, c’est tout. La plupart des gens ne faisaient aucune photo et c’était, comme moi, des citadins venus chercher le calme, se ressourcer.
Je n’ai pas regardé les réseaux sociaux ni les actualités et c’était nécessaire.
Le téléphone ne m’a pas du tout manqué, j’ai déconnecté. Ce que j’en retiens ? Partir tout·e seul·e, c’est une excellente idée ! Je le referai une année sur deux et cette fois, je suis prête pour la retraite silencieuse.
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La digital detox c’est quoi ?

Un voyage à vélo coupé du monde digital

Jean, lui, travaille dans la communication et, de par son métier, a une utilisation des appareils numériques qu’il qualifie “d’abusive”. Jusqu’à ce qu’il décide qu’il fallait que ça change. “Je ne lâchais jamais mes écrans, je n’avais pas de coupure entre le pro et le perso et j’en ai eu une overdose. Et puis j’ai choisi de traverser l’Europe à vélo. Quand j’ai imaginé ce voyage, je me suis enlevé un gros poids en supprimant les outils digitaux : pas d’ordinateur, pas de GPS, pas de smartphone.
Je suis parti seul avec un 3310 pour pouvoir appeler mes proches, un appareil photo et un vieux mp3. Ça a été dur les 10 premiers jours, pendant les moments difficiles, un peu comme une drogue. Et puis je me suis habitué, je n’écoutais même quasiment plus de musique. Je regardais davantage autour de moi. Bien sûr, je me suis privé de certaines choses sans la technologie, ça a été galère pour chercher ma route et je me suis beaucoup perdu. Mais j’ai pu compter sur ma débrouillardise et ça m’a permis d’aller vers les autres, de demander. Et je me suis rendu compte que, de cette façon, je connaissais mieux les endroits avec mon sens de l’orientation que les personnes que je croisais, habituées à leur téléphone. C’est un voyage différent mais ça m’a beaucoup apporté.
Et aujourd’hui ? Je n’ai plus aucune notifications sur mon téléphone, j’ouvre les applis qui m’intéressent régulièrement pour consulter les messages. Et passé 18h, je le mets en mode “ne pas déranger”, les gens qui veulent vraiment me joindre y arrivent, un peu comme quand tu appelles ta grand-mère (rires). J’utilise peu les réseaux sociaux et essentiellement sur l’ordi. Bref, j’essaye de maîtriser la technologie plus qu’elle ne me maîtrise, ça me permet de faire une chose à la fois et d’être pleinement concentré sur le moment. Oui, je rate des trucs, mais ça ne me dérange plus.

La digital detox c’est quoi ?

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emilie, rédactrice conseils

Ma passion ? Les gens passionnés ! Touche à tout dans le sport, mais surtout aux sports de montagne, accro aux grands espaces et à la raclette.

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