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Compétitions sportives : en déplacement, si on optait pour le bas-carbone ?

Si se rendre en avion ou en voiture sur votre lieu de compétition peut être tentant, il existe bien d'autres possibilités, à envisager avant même votre inscription. On en parle avec Olivier Maria, sportif aux mille et une bonnes pratiques !

En courant, à vélo ou encore en train, Olivier Maria, coureur et cycliste aguerri, opte systématiquement pour le bas-carbone lors de ses déplacements sportifs. Résultat ? Une conscience tranquille et des milliers d'anecdotes à raconter à chaque compétition ! 

Olivier Maria, passion bas-carbone sportif

Qui a dit qu'adopter des pratiques écolos rend morose ? Le grand sourire d'Olivier Maria à l'ouverture de notre visio traduit l'exact opposé ! Heureux de partager son cheminement et ses bonnes pratiques, l'athlète en a de nombreuses à mettre en avant. Le véritable déclic, Olivier Maria l'a eu en 2019, peu avant l'arrivée du Covid. Alors que le jeune homme, jusque-là, ne se posait pas trop de questions quant à ses déplacements en avion, aujourd'hui, sa démarche est tout autre. Un autre moyen de dire qu'il n'est jamais trop tard pour changer d'avis et d'habitudes par la même occasion 🙂 "Je suis indépendant, j'ai donc la chance d'être flexible et de pouvoir commencer mon week-end le mercredi pour adapter mon mode de transport à mes valeurs", précise tout de même l'athlète, dont le mode de vie est en effet propice à de meilleures pratiques en matière de déplacements. Promis, Olivier a également des conseils utiles pour celles et ceux qui ne bénéficient pas de la même flexibilité en termes de planning professionnel ! Olivier, c'est ce sportif minimaliste, toujours soucieux de faire mieux, autrement, quitte à casser quelque peu les codes sportifs. On le voit courir tantôt en sandales de course à pied, tantôt carrément pieds nus. On découvre la confection de son vélo made in France, la réalisation de ses sacoches pour bivouaquer avec ledit vélo en attendant un départ de course, on ne sait où encore. En bref, tout est pensé pour voyager bas-carbone et utiliser le moins de matériaux possibles pour ce faire. Alors forcément, ça donne des idées ! À trop regarder les exploits d'Olivier, je me suis mise à courir en claquettes, c'est dire…

Bas-carbone et compétitions sportives : quels sont les avantages ?

C'est en observant les voitures aux multiples vélos attachés à leur coffre lors d'une course, l'année dernière, que je me suis fait la réflexion : sur toutes ces voitures, combien de participant·es auraient pu se rendre sur le lieu de la compétition directement à vélo ? Si le réflexe n'est pas encore au bas-carbone dans ce cadre-là, les enjeux et avantages sont pourtant nombreux et non négligeables. 

Limiter son empreinte carbone

Disons-le d'emblée, le simple fait de limiter votre empreinte carbone est déjà en soi un avantage important. On le sait, le rapport 2023 du GIEC en atteste, la question est aujourd'hui brûlante. Chacun·e, à notre échelle, pouvons faire la différence. Qui plus est, les pratiques semblent changer lentement dans le milieu sportif, et le simple fait de contribuer à ce changement peut être source de fierté. 

Éviter la cohue des parkings

"En vous rendant sur votre lieu de compétition à vélo ou en train au lieu de prendre la voiture, vous pourrez ainsi éviter les galères de parking", souligne Olivier Maria. Si ce n'est pas le cas sur toutes les compétitions, nombreuses sont celles dont les places de stationnement peinent à accueillir les nombreux·ses participant·es motorisé·es.

À vélo ou à pied vers la compét' pour s'échauffer

Si la compétition ne se trouve pas trop loin de chez vous, vous pouvez soit vous y rendre à vélo, soit à pied, ne serait-ce que pour réveiller vos guiboles avant le top départ. Si l'on n'a pas encore d'études montrant les effets bénéfiques d'un échauffement sur la performance ou la diminution du risque de blessures, certain·es sportif·ves prennent ce moment pour se mettre dans leur bulle avant la cohue du départ. Alors, quitte à s'échauffer, pourquoi ne pas le faire sur le trajet vers votre lieu de compétition quand cela est possible ?

Pour inspirer d'autres sportif·ves

Le·a meilleur·e ambassadeur·ice de votre sport, c'est vous-même. En adoptant les bons gestes et en en parlant autour de vous, vous pouvez être sûr·e d'inspirer d'autres personnes à faire de même. C'est d'ailleurs le cas d'Olivier Maria, qui prône le minimalisme sportif et la production en circuit court pour ses accessoires en la matière, et encourage d'autres personnes à faire de même via ses réseaux sociaux. Allez, on se motive à adopter les bonnes pratiques que l'on peut voir pulluler dans le monde ? 

Et côté organisateur·ices, comment ça se passe ?

Pour que les sportif·ves ne soient pas seul·es dans leur démarche, charge également aux organisateur·ices de leur fournir tous les moyens nécessaires pour une compétition aussi bas-carbone que possible. Pour ce faire, plusieurs bonnes pratiques peuvent être adoptées : 

Favoriser une meilleure information des sportif·ves

Comment peut-on se rendre sur le lieu de compétition ? Quels sont les transports en commun les plus utiles en la matière ? Où peut-on ranger son vélo avant de prendre le départ ? Y a-t-il des vestiaires et consignes ? "Ces informations pourraient être plus visibles pour que chacun·e puisse se questionner avant de s'inscrire", propose ainsi Olivier Maria. C'est vrai, ça, dans la précipitation des inscriptions, on oublie parfois de jeter un œil à la logistique, et on se retrouve à devoir prendre la voiture ou l'avion faute d'alternatives. 

Adopter un système de bonus-malus

"C'est déjà le cas pour certaines compétitions bien spécifiques, qui 'obligent' autant que faire se peut les participant·es à venir en transports bas-carbone et 'interdisent' l'avion", souligne Olivier Maria. Pourquoi ces guillemets ? Parce que techniquement parlant, on ne peut pas vraiment vérifier si les participant·es ont réellement évité l'avion. Cependant, le simple fait d'inscrire noir sur blanc sur le site d'inscription cette interdiction a valeur, a minima, de sensibilisation (et ça fait du bien). 

Les bonnes questions à se poser avant l'inscription

"L'organisation de cette compétition est-elle en accord avec mes valeurs ?"

Les infrastructures respectent-elles l'environnement dans lequel elles sont installées ? Les ravitaillements minimisent-ils le risque de déchets produits ? La communication de l'évènement encourage-t-elle les déplacements bas-carbone ? Vous l'aurez compris, le bas-carbone dépasse la façon dont vous vous rendez sur votre lieu de compétition et bien souvent, une fois vos premières bonnes habitudes adoptées, vous en attendrez de même des organisateur·ices desdites compétitions. On vous invite, de fait, à jeter un coup d'œil aux initiatives de l'évènement sportif visé avant de vous y inscrire, ne serait-ce que pour éviter les mauvaises surprises une fois sur la ligne de départ.

"Comment puis-je me rendre à cette compétition ?"

Ce n'est pas toujours indiqué au moment de l'inscription, mais certaines compétitions sont si excentrées qu'il est parfois difficile de s'y rendre sans prendre la voiture. Pour d'autres, le voyage en train est rendu si compliqué, que le transport en avion commence sérieusement à vous faire de l'œil… En bref, il n'est pas toujours évident de résister à l'appel de la facilité haute en carbone. On vous comprend, et on sait à quel point ce choix peut se révéler cornélien. 

Fort heureusement pour vous, Olivier aussi s'est questionné à ce sujet. "Maintenant, j'y réfléchis avant l'inscription", précise-t-il au cours de notre interview. Et pour que cela devienne un réflexe, l'athlète cherche même à élaborer une matrice de calcul permettant d'attribuer un malus aux courses nécessitant l'avion ou la voiture et un bonus à celles accessibles en transports bas-carbone (train, bus, vélo ou à pied). Bien que personnelle, cette matrice lui permettrait d'identifier les courses à faire en priorité, pour un bilan carbone toujours moins élevé. Promis, si Olivier nous la partage une fois finalisée, on vous passera cet outil prometteur !

À noter tout de même que certains sports sont moins bien lotis que d'autres en la matière. En effet, là où la course à pied, sport extrêmement populaire, bénéficie de nombreux évènements sportifs partout dans le monde et tout au long de l'année, le tennis et le ski, par exemple, ne jouissent pas des mêmes opportunités. Alors, quel est l'avenir de ces sports, aux contraintes écologiques élevées par leur saisonnalité ou les infrastructures nécessaires à leur fonctionnement ? Si ce questionnement vous intéresse, on en parle dans cet épisode du Coup d'chaud, par Decathlon

"Est-il possible physiquement de m'y rendre à vélo/pied ?"

On ne dit pas que se rendre à vélo à la compétition de votre choix est toujours possible, mais rien que le fait de l'envisager devrait vous ouvrir quelques opportunités. Tout dépend du niveau de votre compétition, de votre état physique et de la qualité/longueur du parcours pour vous rendre sur votre lieu de compétition. Si votre compétition est particulièrement ardue, faire 70 km à vélo en amont pour vous y rendre n'est peut-être pas la meilleure des idées. Du moins, pas pour un premier test, disons. 

Du côté d'Olivier Maria, adepte de cette technique bas-carbone, ce ne sont pas les kilomètres qui l'effraient ! Si jamais cela peut vous inspirer, sachez que l'athlète envisage même de se rendre au départ de l'UTMB… à vélo. Vivant dans le Nord, ça fait une sacrée trotte qui ne semble pas effrayer Olivier, bien déterminé à poursuivre son engagement bas-carbone jusqu'au bout. Comme quoi, parfois, il faut viser la Lune… et s'y rendre à vélo !

Si le vélo seul n'est pas possible, vous pouvez combiner vélo et train 🙂C'est ce qu'a fait Olivier lors d'une compétition cyclosportive en Europe de l'Est. L'athlète et ses compagnons d'aventure ont décidé de revenir de l'évènement en train et vélo, ce qui leur a permis de découvrir des paysages italiens incroyables, et de rencontrer du beau monde sur la route. Alors oui, ça dure plus longtemps qu'en avion, mais franchement, ça en vaut la peine, non ? Demandez à Olivier, il ne vous dira certainement pas le contraire ! 

"Ai-je le matériel nécessaire pour voyager avec mon vélo dans les transports en commun ?"

Si votre objectif est de prendre le train pour vous rendre sur votre lieu de compétition, plusieurs choses sont à avoir en tête. Il vous faudra notamment, en France, une housse de transport pour votre vélo. Vérifiez également que votre train accepte le transport de vélos à bord. À l'étranger et dans le métro ou le tramway, les règles peuvent varier, et il vous faudra vérifier les conditions d'accès à bord en amont de votre périple. Et s'il vous manque des accessoires, on ne peut que vous inviter à vous les procurer en seconde main ! 

"Oui, mais toutes les compétitions ne sont pas accessibles en transports bas-carbone"

C'est vrai et ce questionnement, Olivier Maria y a été confronté à de multiples reprises. "Il y a plein de compétitions à l'autre bout du monde qui me font rêver", explique-t-il ainsi, "Pour autant, j'ai fait la liste de toutes les compétitions plus proches de chez moi et accessibles en transports bas-carbone, et je me suis rendu compte qu'avant d'éventuellement me rendre à ces compétitions lointaines et exploser mon bilan carbone, j'avais de quoi faire !" Olivier s'est ainsi constitué une wishlist de compétitions à réaliser aux alentours de chez lui et le moins que l'on puisse dire, c'est que celle-ci est bien fournie ! "Je n'ai pas l'impression de moins profiter de ces courses, je ne pense pas que privilégier le bas-carbone revienne à faire une croix sur le plaisir procuré par les évènements sportifs, peu importe où ils se tiennent", soutient-il enfin. 

Sans rester dans le Nord, l'athlète peut ainsi se rendre en train ou à vélo au marathon d'Amsterdam, opter pour le train pour faire le marathon de Barcelone, aller à pied au marathon de Lille ou à vélo tâter du pavé à l'occasion de Paris-Roubaix Challenge… Qui plus est, c'est en forgeant qu'on devient forgeron et qu'on inspire d'autres à faire de même ! C'est donc en portant hautes les valeurs du sport bas-carbone que l'on peut influencer les grandes compétitions à opérer également le tournant écologique nécessaire. 

En bref, les possibilités sont très, très nombreuses et la joie à la ligne d'arrivée reste complète. Penser bas-carbone, c'est réduire son empreinte, non son niveau de bonheur, promis. Bien souvent, c'est même tout le contraire !

Val

Journaliste - rédactrice web

Journaliste société, passionnée de réseaux sociaux (la Twitter fever, tu connais) et de sport. À mes heures perdues, on me retrouve sur une barre de pole dance ou sous la barre de hip thrust, ça dépend des jours.

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