Les nouveaux sports aux JO 2024

Le CIO a attribué le droit d’organiser les JO 2024 à Paris. Cette ville les accueillera ainsi pour la 3e fois, après les éditions de 1900 et 1924.

Les nouveaux sports aux JO 2024

Une cérémonie au cœur de Paris, sur la Seine, au pied de la tour Eiffel, pour ouvrir les festivités des Jeux olympiques de 2024, « c’est dar[1] » pourraient s’exclamer certain·es zoomers[2]. Un peu comme une jam endiablée de breakdance, la grimpe d’un mur d’escalade de 15 mètres de haut avec style et vitesse, un handplant gracieux sur le coping d’un bowl de skateboard, ou l’art d’apprivoiser la vague de Teahupo’o à Tahiti, paradis du surf. Voici un petit aperçu de ce que les JO de Paris nous réservent en 2024. Projetons-nous, dare dare.


[1] C’est chouette, c’est super !
[2] Membre de la génération Z, né·e entre 1997 et 2010.

Quels sont les nouveaux sports aux Jeux olympiques d'été de 2024 ? 

Depuis l’adoption à l’unanimité des recommandations de l’Agenda olympique établies en 2014 par le Comité international olympique (CIO), chaque pays hôte des Jeux olympiques peut désormais proposer des sports additionnels qui s’ajoutent à la liste des 28 sports titulaires. Pour les JO de Paris, le CIO a accordé quatre sports additionnels : petite présentation.

Quelles sont les 4 nouvelles disciplines qui seront représentées aux jo de 2024 ?

Sur les cinq nouveaux sports présents aux JO de Tokyo en 2021, trois seront reconduits à Paris. Il s’agit du surf, de l’escalade et du skateboard. Un quatrième va faire son apparition pour la première fois dans l’histoire olympique, le breaking, ou breakdance.

Les nouveaux sports aux JO 2024

Le breakdance aux prochains JO en France

Le « breakin », comme appelé à ses débuts dans les années 1970, s’est développé dans les rues et les clubs du Bronx, à New York, lors de grosses soirées improvisées où le quartier vibrait au son des sound-systems. Son appellation provient du « break », le nom donné à la séquence de batterie jouée en solo à un rythme rapide dans la musique funk, soul, salsa que les Afro-Américains et Latinos écoutaient à l’époque.
 Lors de ces solos, l’énergie des danseur·ses est exaltée, les breakers – danseur·ses de breaks, les « B-Boys » et « B-Girls » – réagissent au rythme de la musique et l’interprètent par une danse spectaculaire, le breakdance.

Sous l’égide de James Brown, d’Afrika Bambaataa, de DJ Kool Herc, de Grandmaster Flash, de Jazzy Jay, un nouveau mouvement apparaît : le hip-hop. « Peace, Love, Unity, and Having Fun! » telles sont les valeurs du mouvement à sa création. Le breakdance en est une belle illustration, avec son esprit gouailleur qui s’exprime à travers des battles spectaculaires. Un MC qui chauffe l’ambiance, des B-Girls et B-Boys de tout horizon, des techniques de danse impressionnantes, un moment festif, une énergie folle, voici les ingrédients de cette danse urbaine ensorcelante.

Pas étonnant donc que des années 1980 aux années 2020, le breakdance se popularise un peu partout dans le monde jusqu’à intégrer le programme des Jeux olympiques de la jeunesse en 2018 à Buenos Aires puis accéder aux Jeux olympiques de Paris.
En 2024, la compétition olympique de breaking se composera de deux épreuves, une féminine et une masculine, qui opposeront sous forme de battles en 1 contre 1, 16 B-Girls et 16 B-Boys. Coupole, thomas, freeze, six-pas sont quelques-unes des figures qui émerveilleront le grand public, les passionné·es et les juges. À qui la première médaille d’or olympique de breakdance ? Faites cercle.

Outre le breakdance, seul sport véritablement nouveau dans le programme olympique de Paris 2024, l’escalade, le skateboard et le surf signent leur retour à Paris après avoir convaincu aux JO de Tokyo. Voici donc de quoi ils retournent.

L’escalade aux prochains JO

À Paris comme à Tokyo en 2021, l’escalade sportive combinera trois épreuves : le bloc, la vitesse et la difficulté (pour tout comprendre, vous pouvez jeter un oeil à notre lexique sur l'escalade). Chaque athlète, initialement spécialiste d’une de ces trois épreuves, doit donc adapter son entraînement pour être performant dans ce format combiné spécifique des Jeux olympiques. Force, explosivité, créativité, imagination, endurance… toutes les qualités sont requises.

Le bloc nécessite d’atteindre la prise finale en haut d’un mur de 4,5 mètres de haut, sans corde. Le·a gagnant·e est celui ou celle qui réussit le plus de tracés sur différents blocs avec le moins d’essais possibles. Si la prise « top » n’est pas atteinte pour l’un des blocs, la prise « zone », placée au milieu du tracé sera comptabilisée dans le score.

L’épreuve de vitesse consiste à grimper encordé le plus vite possible sur une voie homologuée de 15 mètres de haut, identique pour chaque compétition. Elle se pratique en duel, deux athlètes se projettent le plus rapidement possible jusqu’au buzzer placé en haut du mur. Le record ? 6,96 secondes chez les femmes et 5,20 secondes chez les hommes…

Enfin, l’épreuve de difficulté requiert de grimper encordé le plus haut possible une voie imposée avec un seul essai. Pour les demi-finales et finales, les compétiteur·rices découvrent la voie quelques minutes avant de la grimper, et ont donc un temps limité pour lire et mémoriser celle-ci avant de s’y frotter.

Le skateboard, médaille d'or de l'inattendu ?

Le skateboard est de retour pour cette édition française avec les épreuves de park et de street qui auront lieu à la Concorde à Paris.

L’épreuve du park, prend place dans un « bowl » ayant la forme d’une cuvette dans laquelle les rider·ses ont trois séquences – runs – de quarante secondes pour enchaîner les figures – tricks – dont les juges évaluent l’originalité, la technique, la hauteur, l’amplitude, la rotation, le style, la fluidité, la vitesse. What else ? La façon dont les athlètes utilisent cet espace, ses spécificités et difficultés, entre également en ligne de compte. Le meilleur run, noté sur 100, est retenu pour le classement général.

Quant à l’épreuve de street, elle a pour théâtre un espace reproduisant le mobilier urbain que l’on peut rencontrer dans la rue, avec des escaliers, des rails, des pentes, des plateformes, des curbs – blocs allongés avec des bords pour glisser. La première partie de l’épreuve consiste à enchaîner des figures durant deux runs de quarante-cinq secondes. La seconde partie laisse cinq tentatives aux compétiteur·ices pour réaliser une figure spectaculaire de leur choix. Les quatre scores les plus élevés sont retenus.

Petit rappel : à Tokyo, les Japonais·es ont remporté trois des quatre épreuves de la compétition. Qu’en sera-t-il des Français (et des Françaises ? le skate féminin s'était particulièrment illustré lors des derniers JO...) en 2024 ? Pas de pression. Le skate, c’est le plaisir avant tout.

Le surf au programme olympique

Dans la grandiose et paradisiaque houle de Teahupo’o à Tahiti, les surfeur·ses seront jugé·es sur leurs capacités à réaliser des enchaînements de figures et de manœuvres avec leur shortboard, cette courte planche maniable retenue pour faire briller le surf dans la vague olympique.

Durant des manches de 20 à 35 minutes, chaque vague prise est notée de 0 à 10. Seules les deux meilleures notes sont retenues pour établir le classement. En résulte donc une note finale sur 20 émise par les cinq juges de la compétition. Les critères de jugement sont l’engagement et le niveau de difficulté, la créativité, la variété, la combinaison des manœuvres, la vitesse, la puissance et la fluidité. Après le spot de Tsurigasaki beach des JO de Tokyo, et son nom presque aussi indomptable que ses vagues cassantes, place aux majestueux tubes de Teahupo’o dont la prononciation évoque la rondeur des ondes qui bercent l’horizon. Poésie, poésie, Polynésie.

L’avenir olympique de l’escalade, du surf, et du skateboard semble radieux. En effet, le CIO désire les intégrer à la liste des sports titulaires pour les JO de Los Angeles en 2028. À l’inverse, certaines disciplines olympiques historiques telles que la boxe, l’haltérophilie et le pentathlon moderne doivent répondre aux exigences de réforme que leur demande le CIO pour continuer les olympiades.

Nouvelle épreuve à Tokyo, pourquoi le karaté ne sera plus au programme des JO 2024?

Non programmé aux JO de Paris après avoir figuré aux Jeux de Tokyo aux côtés du surf, du skateboard et de l’escalade, le karaté ne rempile pas pour cette édition. Le Comité d’organisation de Paris 2024 a fait le choix – validé par le CIO – de « sports additionnels » plus urbains, populaires, spectaculaires, qui touchent une audience jeune. Il semblerait que le karaté n’entre pas dans ces critères de sélection, et ce, malgré la médaille d’or glanée à Tokyo par Steven Da Costa. Espérons que notre champion olympique et l’ensemble des karatékas et amoureux de la discipline aient le plaisir de retrouver leur sport aux JO de Los Angeles en 2028.

Les nouveaux sports aux JO 2024

Le 26 juillet 2024, 160 bateaux devraient déambuler sur la Seine avec les athlètes à leur bord et des spectacles de tous bords. Du pont d’Austerlitz jouxtant le Jardin des Plantes au pont d’Iéna face à l’esplanade du Trocadéro, et sous les yeux de la tour Eiffel, Paris s’apprêtera à mettre en lumière le sport olympique, ses jeunes pousses comme ses anciennes gloires. Le rendez-vous est pris.

Les nouveaux sports aux JO 2024

julien

Un peu sauvage, aime parcourir monts et vallées à biclou, la popote dans la sacoche, la boussole tous azimuts.

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