Le wing foil ou l’art de voler sur l’eau : comment débuter ?

Glisser et même voler sur l'eau, le concept du wing foil séduit de plus en plus de personnes. Qu'est-ce que le wing foil ? Comment débuter ? Est-ce difficile ?

Qui n'a jamais rêvé de voler sur l'eau ? Je suis parti à la rencontre de passionnés : Grégoire, chef de produit chez Decathlon et pratiquant expert ainsi que Thomas, débutant. Une chose est sûre, je peux vous assurer qu'après avoir découvert le wing foil, vous n'aurez qu'une envie : essayer !

Le wing foil, c'est quoi exactement ?

Le wing foil (parfois appelé wing surf) est un sport de glisse nautique d'une remarquable simplicité mécanique. L'équipement complet se compose de trois éléments distincts :

  • La planche (board) : elle sert de plateforme pour vous tenir debout et glisser avec stabilité.
  • La voile (wing) : une aile gonflable et légère que vous tenez directement à bout de bras, sans lignes ni mât rigide, pour générer la puissance.
  • Le foil : la pièce maîtresse en composite fixée sous la planche, qui permet d'élever l'ensemble au-dessus de la surface.
"La singularité du wing foil consiste en la quasi suppression des frottements, explique Grégoire. À l'inverse du wing surf ou du kitesurf qui nécessitent un vent fort pour naviguer, en wing foil, le moindre souffle d'air suffit pour prendre de la vitesse."

💡 À l’origine, le foil s'inspire directement de l'aviation. Il a été créé pour décupler la vitesse des embarcations en limitant le contact avec l'eau.

Au sein de cette discipline, on compte aujourd'hui trois grandes pratiques :
  • Le freeride : idéal pour les débutants, axé sur la balade en mer ou sur lac et la recherche de sensations pures.
  • La race : destinée aux amateurs de vitesse pure et de performances chronométrées.
  • Le freestyle : réservé aux adeptes de technique, de sauts et de surf dans les vagues.

    L'un des nombreux avantages de ce sport est que vous pouvez cumuler toutes ces sensations au cours d’une seule et même session.

Est-ce difficile de se mettre au wing foil ?

Vous vous dites certainement que le wing foil est une pratique extrêmement difficile ? Qu'elle est réservée à l'élite et aux meilleur·es pratiquant·es ?

Grégoire vous (nous) rassure : "le wing foil est assez peu physique contrairement à ce que l'on peut croire. C'est un sport doux et technique. Une fois en l'air, avec le peu de frottements, on a besoin de peu d'énergie pour avancer. Bien-sûr, la discipline nécessite de la pratique et de l'entraînement. Le placement des pieds, la bonne position, la proprioception... avant de pouvoir profiter pleinement de toutes les bonnes sensations." Ouf.

Bien sûr, la discipline demande de la rigueur (et de la persévérance) au départ. Vous devrez apprivoiser le placement de vos pieds, adopter la bonne position et travailler votre proprioception. Mais l'apprentissage reste gratifiant à chaque étape.

Si vous souhaitez explorer d'autres horizons nautiques avant de vous lancer, n'hésitez pas à consulter nos conseils sports de voile.

Combien de temps faut-il pour réussir à voler ?

La durée d'apprentissage dépend essentiellement de votre historique sportif :

  • Pour les initiés aux sports de glisse (notions en kitesurf, surf ou paddle) : une bonne maîtrise de la navigation et les premiers vols s'obtiennent généralement en 5 sessions.
  • Pour les parfaits novices : il est fortement recommandé de suivre un stage d'une semaine dans une école de glisse labellisée pour appréhender la glisse en toute sécurité.
Une fois la maîtrise de la glisse et du vol, Grégoire estime le temps de deux à trois semaines selon les conditions pour conjuguer les deux en même temps.

C'est un sport passion, un sport d'accroc. Je ne connais quasiment personne qui a commencé et qui se dit : j'en fais uniquement tous les trois mois. Une fois que tu maîtrises la glisse et le vol, les sensations te donnent envie de recommencer encore et encore." 

En variant les terrains de jeu et les pratiques : balade, vitesse ou freestyle, on multiplie les sensations.

Pourquoi choisir le wing foil et quelle sensation ce sport apporte-t-il ? 

La pratique attire de plus en plus d’adeptes. Et pour cause, car elle apporte de nouvelles sensations selon Grégoire.

"J'aime dire qu'il y a un on/off dans le wing foil : le moment où tu voles et celui où tu ne voles pas. Quand tu ne voles pas, tu sens et entends l'eau sous tes pieds, le vent, la moindre vague. Au moment où tu t'élèves, tu n'as plus de sons et tu profites des oiseaux, de la nature en toute simplicité. Ça donne un côté magique à la discipline." 

Voler, c'est un peu magique, non ?

Comment commencer le wing foil ? Les conseils d'un expert

Si vous n'avez jamais fait de wing ou kitesurf, Grégoire conseille de passer par la case “école de glisse”. L'école vous apportera les bons réflexes et les bons gestes. "Au début, quand tu n'arrives pas à voler, cela peut sembler frustrant. Se faire accompagner peut réduire cette période frustrante. Avant d'aller ensuite progresser en autonomie, une fois les bases acquises."

Ensuite, il est très important de connaître les bonnes conditions de pratique. "Quand vous débutez, vous allez chercher des conditions spécifiques : des plans d'eau plats et fermés comme des lacs et suffisamment de vent (entre 15 et 20 nœuds). Plus vous allez progresser, plus vous allez pouvoir chercher des conditions de vent faible ou plus élevé et des plans d'eau ouverts comme la mer."

Ainsi, vous pouvez pratiquer le wing foil dans des lacs de montagne comme Annecy, des lacs côtiers ou des baies comme en Bretagne lorsque vous débutez. Puis vous pourrez passer vers le terrain de jeu infini, autrement dit la mer, lorsque vous maîtrisez davantage.

Pour travailler la phase de vol de manière isolée, vous pouvez aussi vous entraîner en étant tracté par un bateau ou tester l'assistance électrique. 

Le carnet de bord de Thomas : 4 séances pour un premier envol

Thomas, papa de deux enfants et touche-à-tout sportif (natation, snowboard, kitesurf), a franchi la porte du Dunkerque Flying Club pour tester ce sport. Voici le récit de son parcours d'apprentissage, structuré en séances de 2h30.

1ère séance : sentir le vent sur la plage. Je démarre sur la plage et j’apprends simplement à me diriger avec la wing (la voile). C’est important car la voile se plante dans le sable et je réapprends à sentir le vent. J’ai ensuite appris à glisser sur le sable avec une voile à l’aide d’un “speedsail”, un skate géant. Il m’a fallu une trentaine de minutes pour être à l’aise et changer de sens. C’est très progressif.

💡Le conseil de Thomas : “Prendre des cours à l’endroit où vous êtes susceptible de pratiquer par la suite pour vous habituer aux courants, aux vents, aux spécificités de la mer…

2ème séance : le simulateur de foil. Un bateau me tracte avec une barre comme en ski nautique. J’ai donc le foil mais pas la voile. La première étape de cette séance est d’essayer de rester sur sa planche et se stabiliser à genoux puis de faire lever la planche. C’est loin d’être évident car la planche est petite. Il faut s’imaginer le foil comme une planche à repasser à laquelle on a retiré un pied. Je me fais des repères imaginaires pour le placement des pieds. Puis je tente la même chose debout.
Quand je lève le foil, il faut à nouveau le stabiliser en gérant son inclinaison. Sinon, je pique directement dans l’eau. Après quelques belles gamelles et de très nombreux essais, j’ai réussi à voler, à planer pour la première fois debout. J’ai senti une légèreté et une sensation de bien-être. Si agréable que je me suis jeté à l’eau…


💡Le conseil de Thomas : “Je recommande vivement la combinaison pour ne pas avoir froid”.

3ème séance : glisser sur l’eau avec une voile.Lors de cette troisième séance, j’ai ajouté la wing (l’aile) en étant sur l’eau pour la première fois, mais sur un paddle. Il permet davantage de stabilité car il n’y a pas de foil. J’ai pu prendre mes marques sur le changement de direction et la maîtrise de la voile en mer.

4ème séance : la wing et le foil réunis.Enfin, pour la dernière séance, je pars en mer avec la wing et le foil. Le but, dans un premier temps, est de maîtriser la navigation pour ensuite tenter de planer. Cette deuxième phase a mis plus de temps à arriver. Mais à force de répétition, je me suis senti de plus en plus à l’aise. Je remontais plus facilement. Et pour la première fois, j’ai réussi à me lever en wing foil complet. Mon premier envol en quatre séances. Les sensations sont incroyables et j’ai encore du mal à les décrire.

Thomas fait le bilan de ces quatre premières séances : “au départ, je pensais que j’étais trop mauvais et que je n’y arriverai pas. Dès la session suivante, je voyais les progrès et me sentais de mieux en mieux. Ce que je retiens c’est qu’il s’agit d’une pratique qui demande de la rigueur et du travail et qu’elle est plus accessible qu’il n’y paraît.

Quel matériel choisir pour débuter en wing foil ?

Le choix de votre premier pack dépend de votre gabarit et de votre expérience. Voici les règles d'or pour configurer votre équipement de wing foil.

La planche

On choisit sa planche en fonction de son volume en litres. Plus elle a de volume, plus elle est stable à l'arrêt.

  • Novice absolu : Prenez votre poids et ajoutez 40 à 50 litres. (Exemple : pour un gabarit de 70 kg, optez pour une planche de 110 à 120 litres).
  • Débutant·e avec expérience en glisse : Prenez votre poids et ajoutez 20 à 30 litres. (Exemple : pour un gabarit de 70 kg, une planche de 90 à 100 litres est idéale).
  • Pratiquant·e expert·e : Recherche de volumes inférieurs ou égaux au poids de corps pour gagner en réactivité, au détriment de la stabilité à basse vitesse.

La voile

On choisit sa voile selon le vent et son poids. Pour un vent standard de 15 à 20 nœuds, adaptez la surface en m² selon votre poids :

  • Moins de 60 kg : Une aile de 4m²
  • Entre 70 et 80 kg : Une aile de 5m²
  • Plus de 90 kg : Une aile de 6m²

Le foil

Le foil se compose d'un mât en aluminium ou carbone et de deux ailes synthétiques ou carbone. C'est l'élément le plus important et le plus complet car il va donner le comportement de glisse et de vol.

  • L'aile avant : Elle génère la portance. Pour débuter, nous recommandons une surface d'aile avant large d'au moins 1500cm² afin de décoller facilement à faible vitesse.
  • L'aile arrière (stabilisateur) : Elle gère le roulis et la stabilité. Plus elle est large, plus le foil est stable et rassurant pour le freeride. Plus elle est petite et ramassée, plus le foil devient maniable et joueur pour les vagues.

FAQ Wing Foil : Les réponses à vos questions fréquentes

Où pratiquer le wing foil quand on commence ?

Privilégiez les plans d'eau fermés, comme les lacs de plaine ou de montagne, ou les baies maritimes bien protégées de la grande houle. Ces zones vous évitent de subir les vagues de face et vous permettent de vous concentrer uniquement sur la gestion de votre équilibre et de votre voile.

Faut-il une combinaison pour débuter ?

Oui, la combinaison néoprène est absolument indispensable. Au-delà de la protection thermique essentielle pour éviter le froid lors des phases de flottaison, elle offre une excellente protection corporelle contre les impacts légers avec la planche ou le foil lors des chutes. Pour votre sécurité, complétez toujours votre tenue avec un gilet d'aide à la flottabilité et un casque rigide.

Le wing foil a décidément quelque chose de magique. Merci à Grégoire et Thomas pour leurs conseils. J'ai comme une envie de prendre mon envol, pas vous ?

Henri

REDACTEUR CONSEILSPORT

Grand pratiquant de sports de raquettes en tout genre : tennis, badminton, padel. Fan de hockey-sur-glace et amateur d'horlogerie.