MON 1er WEEKEND EN TENTE ENTRE AMIS

Suivre le temps d'un weekend, Camille pour sa première nuit sous tente. Elle sera accompagnée de son club des 4 : Thomas, son partenaire d’aventures depuis toujours, Hélène, la voyageuse jusqu’au bout des ongles et Nathan, le bricoleur de la bande.

nuit sous tente

Ce matin, je me suis réveillée en même temps qu’un constat : je n’ai jamais fait de camping en tente. J’ai déjà voyagé en sac à dos, en van, en stop, mais je n’ai jamais vécu d’aventure en tente. C’est décidé : il me faut vivre cette expérience dont même mes grands-parents me parlent. Les beaux jours commencent à arriver, notre week-end prochain est libre, il ne me reste qu’à décrocher mon téléphone pour embarquer d’autres amis dans cette micro-aventure : plus on est de fous, plus on rit, non ?

1 ère étape : monter la tente

Mon expérience en montage étant limitée, je cherche sur mon téléphone une vidéo qui me montrerait comment faire. Dommage, aucun réseau n’est disponible. Au moins, je suis sûre de déconnecter ce week-end. Les têtes autour de moi sont aussi amusées que consternées : la tente embarquée n’a visiblement pas besoin de vidéo pour se monter mais de deux secondes et de quatre piquets, « simple comme bonjour ! ». On installe notre campement sur un terrain plat à deux pas du lac, je sens qu’on ne le regrettera pas demain matin. Ça fait du bien de se retrouver ici tous ensemble. Entre amis, on a souvent l’occasion de se voir, mais, créer des moments uniques comme celui-ci, ça n’a pas de prix.

J’ai l’impression de partir en colonie de vacances... Sauf que j’ai 27 ans et que ce n’est pas ma mère qui est en train de préparer mon sac, mais bien moi. Sac qui, d’ailleurs, ne se remplit pas… Je prends quoi ? La question est lancée dans notre groupe WhatsApp intitulé pour l’occasion : « Le club des 4 plante sa tente ». Je n’ai pas trouvé mieux. Le club des 4 c’est Thomas, mon partenaire d’aventures depuis toujours. Il y a aussi Hélène, voyageuse jusqu’au bout des ongles et Nathan, le bricoleur de la bande, celui qui nous construira un abri à partir d’une brindille s’il se met à pleuvoir. « Le but quand tu pars camper en tente - m’écrivent-ils tous en cœur, - c’est d’être léger, mais confortable ». Mon sac se remplit : vêtements techniques, gourde et popote, vaisselle, sac de couchage et tapis de sol, briquet, jeu de carte, de la ficelle, sac poubelle, bidon d’eau, papier toilette, produits d’hygiènes biodégradables, serviette de bain, torchon et éponge, batterie externe, lampe. Je n’ai rien oublié ? J’ai presque failli oublier le plus important… la tente !

La voiture est prête, nous aussi. Nous sommes vendredi, à peu près le jour que j’ai attendu le plus cette semaine : aujourd’hui, on part bivouaquer tous ensemble. Le temps d’un weekend, chacun met sa routine de côté et prend la route en direction du lac le plus proche, je ne savais même pas qu’il y avait un si bel endroit à portée de main. Le camping sauvage y est autorisé, cette micro-aventure s’annonce belle.

TRE CIME DI LAVAREDO

2 ème étape : s’amuser

Les rires fusent, les chips craquent et les anecdotes enchantent. À tour de rôle, on raconte les nouveautés de notre semaine, mais, très vite, les discussions dérivent sur le voyage et les aventures que chacun rêve de vivre : pour Hélène, découvrir le plus de pays, le plus de culture possible, Nathan rêve de surf et Thomas de montagnes à grimper. J’ai un faible pour la montagne aussi. On a rencontré Hélène et Nathan il y a quelques années, au Sri Lanka, comme ça, presque par hasard, et ça a tout de suite matché. Si on a bien un point commun, c’est l’aventure ! Les heures défilent et j’en oublie presque où nous sommes. J’ai l’impression d’être à l’autre bout du monde, dépaysée, déconnectée et pourtant nous ne sommes qu’à quelques kilomètres de la maison. Ça fait du bien… je l’ai déjà dit ?

LAVAREDO REFUGI

3 ème étape : passer sa première nuit en tente

Il est temps d’aller au lit. Demain, on ira explorer les environs et qui sait, se baigner s’il fait beau (et chaud !).

Dans cette nouvelle maison en toile, je suis aussi bien que dans mon propre lit, mais, je ne
trouve pas le sommeil tout de suite. Nous sommes dans le noir et le silence complet, et je dois dire que j’avais presque oublié ce que ça faisait. À ce moment précis, j’ai cette impression d’être autant vulnérable qu’apaisée. Il y a de la vie dehors, ça bouge. J’ai lu qu’il y avait des renards dans le coin. Pas de panique, ce n’est qu’Hélène qui est allée se chercher un pull. C’est vrai que ça s’est rafraîchi. Il va me tenir assez chaud ce duvet, j’ai un pull dans la voiture, moi ? Et s’il pleut ? On fait comment s’il pleut ? Ça va tenir ? Tant de questions auxquelles j’aurai la réponse demain, car demain, je ne serai plus une amatrice du bivouac et j’aurai passé ma première nuit sous une tente.

On est samedi, et, sans s’être concertés, on s’autorise tous une petite grasse matinée. On l’a bien méritée. Je me réveille sans réveil, les rayons du soleil frappent la tente et me réchauffent le visage. Mon nez se réchauffe et commence doucement à respirer l’odeur du café : Hélène et Nathan ont préparé le petit déjeuner (j’ai bien fait de leur proposer de venir). Entre œufs brouillés et tartines de confiture, cette première nuit en tente occupe tous les débats, mais la conclusion est unanime : l’expérience est unique. Elle est à vivre, ne serait-ce que pour avoir cette impression d’être seule au milieu des vraies choses, de la nature, du vent, du cri des animaux.

J’ai les réponses à mes questions, et, ce matin, elles me semblent absurdes : oui, le duvet m’a tenue assez chaud. Au pire, je n’aurais eu qu’à attraper un pull dans la voiture, comme
Hélène. Il n’a pas plu, et, si tel avait été le cas, la tente aurait résisté et je me serai endormie avec le bruit de l’eau. Quand on vit de nouvelles expériences, quand on sort autant de sa zone de confort, il y a toujours un temps d’adaptation, c’est normal. Et s’il y a bien une chose que le voyage m’a apprise, c’est qu’on s’habitue à tout.

4 ème étape : découvrir les environs du campement

Après un petit déjeuner au soleil et plusieurs parties de carte, on se décide à aller explorer les environs. Sac à dos, gourdes, appareil photo ? Je crois qu’on a tout.
On s’élance tout droit vers le lac qui, sans surprise, se révèle être glacé, mais nous y mettrons un orteil coûte que coûte. Il y a longtemps, je me suis fait la promesse de ne jamais résister à une rivière, un lac ou un océan, peu importe la saison, je me suis promis de toujours goûter l’eau ! Rafraîchis, on part en quête d’un point de vue sur le lac, alors on s’élance sur les rochers, à travers les arbres et les ronces. Il n’y aura pas eu de joli point de vue, mais il y aura eu des rires et des chutes, c’est tout ce qui compte. Le temps file à une allure que je n’aime pas beaucoup. Le genre d’allure qui va beaucoup trop vite. C’est souvent le cas quand on passe un bon moment. Les lumières commencent à s’adoucir, c’est le signe que dans une petite heure, nous aurons droit à un splendide coucher de soleil. On regagne doucement notre campement, en se retournant toutes les minutes pour être sûrs de ne pas louper une miette du spectacle. Notre deuxième (et dernière) soirée de bivouac commence sous les meilleurs auspices.

nuit sous tente

5 ème étape : 
on déménage !

J’ai peut-être parlé trop vite. Meilleurs auspices ? Peut-être pas. Superbe coucher de soleil, mais nuages qui débarquent ? Oui.
On se décide à déménager notre campement un peu plus loin. Nathan et Thomas s’occupent de la tente, Hélène et moi du reste. L’avantage, c’est qu’à quatre, la tente, les chaises, la table
et la vaisselle sont rangés en deux temps, trois mouvements. On reprend la route et on roule quelques minutes vers le sud, je sais qu’il y a une rivière sympa dans le coin, elle semble un peu plus à l’abri. La pluie n’est jamais venue, comme si elle avait décidé de nous épargner pour cette dernière soirée. Le ciel est sombre, mais ça n’a aucune importance. L’important à ce moment, c’est de profiter de ce moment, quoiqu’il arrive.

nuit sous tente

6 ème étape : bilan de cette aventure en tente

Alors qu’on prépare à manger, je jette un œil à notre campement et à notre tente, qui semble, tout comme nous, se délecter devant l’eau de la rivière. Cet objet qui n’avait aucune signification hier, prend tout son sens aujourd’hui. Cette tente, c’est l’aventure, ma nouvelle maison, notre hameau du bonheur à nous. Et bien que demain l’aventure s’arrête, je sais qu’elle se peut se vivre plus vite qu’on ne le pense. Deux jours m’auront suffi à vivre une expérience dont je me rappellerai longtemps, une expérience qui m’aura fait me sentir vivante et plus satisfaite que jamais. 
Rendez-vous le weekend prochain ?  « Et commeeeeent ! » crient-ils tous en cœur.

nuit sous tente

Camille

et son club des 4

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