Mouliner ou pas ? Quand et comment changer de vitesses ?

MOULINER OU PAS ? QUAND ET COMMENT CHANGER DE VITESSES ?

Depuis les exploits de Lance Armstrong ou Christopher Froome, avec leurs cadences infernales, notamment dans les cols, nombre de cyclistes tentent de les imiter. Mais attention, mouliner à plus de 100tr/mn dans un col n’est pas donné à tout le monde et n’est pas, pour nombre de cyclistes, une chose réalisable facilement, ni même la technique la plus efficace.

EN DÉCOULE LE CHOIX DES BONS BRAQUETS, QUAND ET COMMENT CHANGER DE VITESSES.

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MOULINER ? OUI, MAIS AVEC DE LA FORCE.

Mouliner s’apprend. C’est un entraînement de longue haleine. Mais mouliner n’est efficace que si on y ajoute la force. Mouliner à 120tr/mn en ne développant que 100W, la plupart des cyclistes peuvent le faire, mais ce n’est pas efficace. On tourne les jambes à toute vitesse, mais on roule à 25km/h sur le plat.

Par contre, tourner à 120tr/mn les jambes en développant 350W, c’est de suite très efficace. Mais loin d’être donné à tout le monde. L’idéal serait bien sûr de pouvoir tourner les jambes perpétuellement à 110tr/mn avec assez de force pour emmener un développement de 53×11 sur le plat !

Raison pour laquelle s’entraîner à mouliner doit aussi être alterné avec un entraînement de force. Mais cela demande tout de même beaucoup de travail et une génétique propice pour arriver à de telles cadences de pédalages. Et pour certains cyclistes, cela entraînera une fréquence cardiaque bien trop haute pour que ce rythme soit maintenu longtemps.

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LES PROS NE MOULINENT PAS TOUS À L’EXTRÊME

Si nous prenons l’exemple de Thibaut Pinot, on constate que sa cadence de pédalage varie de 85 à 90tr/mn environ sur ses étapes du Tour de France.

Cela semble être sa cadence naturelle, celle qui lui offre à la fois le plus de confort, mais aussi la meilleure efficacité énergétique.

Sur la seconde étape, entre Utrecht et Zélande, toute plate (200m de dénivelé pour 175km), il a tourné les jambes à 89tr/mn de moyenne.

Sur la 20ième étape, nettement plus montagneuse, entre Modane et l’Alpe d’Huez (étape qu’il a remporté), il a tourné les jambes à 86tr/mn de moyenne. Une cadence qu’il a utilisé dans toute la montée de l’Alpe d’Huez. Et vous le verrez si vous essayez de votre côté, tourner les jambes à cette cadence en col n’est déjà pas évident et demande un braquet adapté.

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BIEN UTILISER SA TRANSMISSION ET SA GAMME DE DÉVELOPPEMENTS

Avoir 10 ou 11 pignons sur sa cassette, c’est bien, encore faut-il savoir s’en servir correctement.

Il convient tout d’abord de ne pas trop croiser sa chaine, pour éviter une usure prématurée et une perte de rendement. Avec le grand plateau, n’utilisez pas les deux plus grands pignons, et avec le petit plateau, abstenez-vous de descendre sur les deux plus petits.

Ne pas hésiter non plus à mettre des braquets adaptés au profil de votre parcours. Pour information, même un pro comme Arnaud Démare n’a pas hésité à utiliser un 36×28 en montagne sur ce Tour de France 2015. Bien que sprinteur, cela ne l’empêche pas de grimper plus vite que nombre de cyclistes qui liront cet article.

Mieux vaut grimper en 36×28 à 14km/h que de vouloir à tout prix conserver un 36×25 et ne pas pouvoir le tirer correctement à plus de 8km/h !

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PIGNON DE RÉSERVE ?

On a longtemps entendu les anciens dire qu’il fallait toujours garder un pignon de réserve (le plus grand pignon) dans les montées de cols. Le réserver pour le dernier col.

Erreur ! Il faut utiliser le braquet le plus adéquat en fonction de la pente. A quoi bon réserver le plus petit braquet si c’est pour s’obstiner à souffrir sur le/les premier(s) col(s) à ne pas tourner les jambes et s’épuiser plus que de raison ?

Si le premier col monte 5km à 8% de moyenne et le second, 10km à seulement 5% de moyenne, il serait idiot de ne pas utiliser le plus petit braquet disponible dès les premières pentes.

Il faut toujours utiliser le braquet le plus adapté, quelle que soit la position de la difficulté lors de votre sortie. C’est le gage d’un meilleur rendement et cela vous évitera à la fois un épuisement précoce, mais aussi l’apparition de crampes.

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QUELQUES CONSEILS

Sur de petites bosses entre 100 et 500m (ce que l’on appelle aussi des talus), mieux vaut passer en force et en danseuse, en conservant si possible le grand plateau (si le pourcentage de pente le permet bien sûr). Votre cœur montera plus haut, mais vous passerez plus vite la bosse.

A contrario, pour une bosse plus longue où il vous faudra descendre sur un petit braquet, n’attendez pas d’être dans la pente pour passer le petit plateau. Vous pouvez mettre un petit braquet 50 à 100m avant le début de la pente pour habituer vos muscles.

Dans une descente de col, si vous abordez une épingle, montez de deux ou trois pignons afin de ne pas relancer en sortie de virage sur un braquet trop important. Dans l’idéal, ce changement de développement devra se faire avant que vous ne commenciez à freiner.

Ceci est aussi valable si vous êtes coursier et que vous abordez un virage en épingle sur un circuit plat. Un braquet plus petit vous permettra une relance plus énergique.

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SOULAGEZ LES PÉDALES !

Au moment de changer de vitesses, soulagez légèrement vos pédales. Les vitesses passeront mieux et surtout, votre chaine et vos dérailleurs vous remercieront.

Même si les transmissions permettent aujourd’hui, surtout dans leurs versions électroniques, de pouvoir changer de vitesses en appuyant fortement sur les pédales, il est toujours préférable de soulager la pression.

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