JEAN-PHILIPPE : J’AI RÉALISÉ MON RÊVE DE VOIR LES AURORES BORÉALES… EN VÉLO !

Découvrez l’histoire et les conseils de Jean-Philippe, voyageur à vélo.

A 46 ans, Jean-Philippe est un fan de grands espaces et de voyages. Son envie ? Redécouvrir la nature comme on ne l’a jamais vue... à vélo ! Après un premier voyage à vélo de 5000 kilomètres entre la France et la Laponie, il a voulu explorer en autonomie complète une merveille de la nature : l’Islande.  Son aventure, baptisée Odyslande a commencé par une version estivale de 5 semaines, et s’est terminée par sa version hivernale de 15 jours. Ce professeur d’EPS originaire des Hauts de France a pu réaliser son rêve d’enfant : voir les aurores boréales. Il nous livre ses impressions sur ce voyage hors-du-commun.

Bossu

Quel a été ton meilleur souvenir lors de ce voyage ?

Il y en a eu tellement... Si je devais n’en garder qu’un seul, ce serait cette soirée où j’ai pleuré tout seul en regardant les aurores boréales, comme un bébé !

C’est tellement difficile de réussir à en voir, il faut s’engager dans des endroits compliqués, des altitudes élevées où il fait très froid.

J’aurais très bien pu payer une petite fortune pour voir ces aurores boréales avec le fameux Pack Adventure Tour où on t’emmène directement sur place, mais ça a une valeur tellement démentielle d’aller les chercher en vélo ! Le vélo est justement un moyen particulièrement adapté pour s’engager dans la nature et se retrouver dans des endroits complètement improbables et isolés.

Après plusieurs nuits de froid, de fatigue, tu commences à te demander si tu vas rentrer chez toi bredouille… Et là un soir, ça s’allume. Tu aperçois les premières lumières, d’un vert intense, qui dansent dans le ciel et tu pleures, tellement c’est indescriptible ! Et le fait que ce soit difficile d’aller les chercher et que la nature t’offre tout ce spectacle d’une beauté incroyable en récompense, c’est ça qui te rend heureux.

En plus, le timing était parfait parce que si j’étais parti 15 jours avant je n’aurais certainement pas pu voir tout ça. Il faut vraiment une météo particulière, un noir absolu, un ciel dégagé et une éruption solaire quelques jours avant.

J’ai réussi à faire un time-lapse (effet ultra accéléré de succession d’images) pour capturer ce moment qui est finalement plus spectaculaire en photo. En vrai, on a l’impression qu’il fait quasiment jour !

Et ta plus grosse galère ?

Il y en a eu pas mal aussi, mais c’est tout ce qui fait le charme du voyage à vélo ! Celle qui m’a fait un peu peur c’était au milieu de séjour, lors de la descente des Highlands, quand j’ai senti que j’étais un peu “borderline” au niveau de la sécurité. J’avais 22 kilomètres de descente glacée avec un vent et un froid incroyables. Quand j’ai commencé à rouler, j’ai vite voulu faire demi-tour mais ce n’était pas si simple que ça donc j’ai fait le pari de continuer… Je suis tombé plein de fois et l’avant de mon vélo de 50 kilos était soulevé par le vent, c’est dire ! Le soleil a commencé à se coucher et je ne voyais aucun arbre ou rocher pour me mettre à l’abris du vent et monter ma tente. J’ai continué à descendre de nuit et j’ai eu la chance de trouver un espèce d’hangar métallique derrière lequel j’ai pu m’abriter et monter ma tente entourée par des pierres. En tant que cycliste, je sais ce que c’est que le vent, mais il faut être allé en Islande pour vraiment voir sa puissance ! A la fin du compte, tu apprends que tu n’es rien face à la nature, c’est elle qui décide… Tu organises ton séjour, parfois jour après jour, en fonction de la météo !

Tu as parcouru l’Islande en été et en hiver… quelle saison préfères-tu ?

Les deux mon capitaine ! Par contre, en hiver, il faut être extrêmement préparé et très bien équipé.

Les voyageurs font plutôt l’Islande à vélo en été et passent généralement par la route, moi je l’évite. Les chemins ont tellement plus de charme ! J’aime me perdre un peu, loin des lieux touristiques, être immergé dans la nature, j’ai plus de chance d’échanger avec des habitants et de voir des choses moins connues, peut-être moins spectaculaires parfois, mais au moins ce n’est que pour moi.

Ton prochain voyage à vélo, c’est pour quand ?

Je pars en Birmanie en juillet 2018 pour 5 à 6 semaines pour faire un film documentaire.

J’ai choisi ce pays parce que j’ai la chance de connaître un Birman que j’ai rencontré en Thaïlande et qui m’a emmené dans des endroits merveilleux, improbables et peu connus des touristes. Il m’a proposé ensuite de me faire visiter la Birmanie autrement, et j’ai accepté à condition qu’on le fasse en vélo !

Maintenant que tu as réalisé ton rêve d’enfant, est-ce qu’un prochain se dessine ?

J’ai un deuxième rêve, celui de faire le tour du monde à vélo. Je vais d’abord commencer par un demi tour du monde par manque de temps. En septembre 2019 je pars pour un France - Hanoï ! Je rêve de faire l’Himalaya en vélo et comme je suis quelqu’un qui réalise ses rêves… Je compte bien faire une pause dans ma carrière et prendre 6 mois pour le faire ! Pendant mes voyages à vélo, j’ai été accueilli par beaucoup de gens, qui rêvent d’aventure et, pour eux, on représente cette aventure. Ils me disaient souvent qu’ils prévoyaient “un jour” ou “plus tard” de faire un tour du monde. Mais je leur disais tout le temps “C’est maintenant ! Plus tard il sera trop tard… alors vas-y fonce !” Voyager en vélo ne coûte tellement pas cher. Avec de l’air dans tes poumons, de l’eau que tu peux trouver un peu partout, et trois paquets de pâtes, tu peux aller au bout du monde… Lors de mon voyage, je prenais deux repas par jour, un le matin et un le soir, et je faisais chauffer l’eau des rivières en été et la glace en hiver, et je n’avais besoin de rien d’autre !

As-tu des conseils à donner à ceux qui veulent se lancer dans le voyage ?

Le premier conseil que j’aimerais donner, c’est déjà de partir ! En se lançant un défi personnel pour la date du départ et de tout faire pour y arriver.

Ensuite, il ne faut pas être trop raisonnable, s’engager, se lancer des défis et ne pas attendre d’être prêt. Clairement, on n’est jamais prêt !

A force d’avoir voyagé, j’ai rencontré des gens totalement différents, qui voyageaient à vélo avec leur chien, des bébés, des personnes peu sportives… Ce sont des gens qui ne sont justement pas raisonnables, et c’est ça qui est génial ! Il faut y aller, il faut se lancer et on s’adaptera… Quand on ne sait pas ce qui va se passer, c’est là qu’il peut justement se passer des choses formidables.

En revanche, je pense que le voyage est vraiment mieux vécu si on est très bien préparé à l’avance et qu’on a bien testé son matériel. Il faut aussi faire attention si on a des problèmes de dos, de hanches ou d’articulations et y aller progressivement, ne pas faire un gros voyage tout de suite en commençant par une randonnée de quelques jours par exemple.

Un petit mot sur ton vélo de voyage ?

J’ai eu la chance de pouvoir tester un prototype du vélo de voyage RIVERSIDE. C’est un vélo qui est encore en cours de conception mais qui est déjà très bien abouti et solide. Clairement, si demain je devais partir faire mon tour du monde, je partirais et reviendrais surtout, avec ce vélo, sans problème !

Un dernier mot sur tes projets ?

Concrètement ça fait plus de 2 ans que je préparais l’Odyslande, et 5 ans que je fais de la photo et des vidéos.

Ce voyage m’a surtout permis, à travers mes rencontres, de pouvoir réaliser un documentaire pour sensibiliser au réchauffement climatique. J’ai pu interviewer des personnes qui l’ont vu et qui sont impactées au quotidien. Je n’ai pas envie de montrer une vision larmoyante du monde, mais plutôt des solutions concrètes que je vois à travers mes voyages.

Actuellement, dans la vraie vie, je suis professeur d’EPS, mais j’aimerais, pourquoi pas, continuer mes voyages et mes films pour en faire mon métier. Je pense que les gens ont besoin de voyager, même par procuration. Si je peux leur donner envie de se lancer, c’est tant mieux !

Retrouvez et suivez les aventures de Jean-Philippe sur sa page Facebook : https://www.facebook.com/odyslande/

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