BÉRANGÈRE A TESTÉ LA CHASSE À L'ARC

Calme, sérénité, maîtrise de soi, connexion avec la nature… Yoga ? Randonnée ? Non, chasse à l’arc. Oui, je comprends, ça peut surprendre. Pour tout vous dire, j’aurais moi aussi été surprise par un tel tableau. Et puis… Et puis j’ai accepté de découvrir un monde, de me laisser la possibilité de comprendre un sport que j’avais en fait déjà du mal à considérer comme tel.

test chasse à l'arc

Alors déjà, c’est quoi la chasse à l’arc ?

Un type de chasse en plein essor, mais encore confidentiel : en France, on compte, pour le moment, environ 40 000 chasseurs qui ont opté pour cette pratique vs 1,5 million de chasseurs “classiques”.

Il s’agit d’un type de chasse assez exigeant : solitaire, silencieuse… Pour chasser à l’arc, il faut savoir se fondre dans la nature et attendre les animaux qui sortent naturellement du bois (à la tombée du jour, quand ils sortent dans les zones claires pour se nourrir).

Une fois repérés, il faut mettre au point une stratégie d’approche. Parce qu’une flèche, ça ne se décoche pas comme ça : “il faut être à moins de 20 mètres de l’animal. Et tenir compte de la direction du vent (pour l’odeur), du soleil (pour l’ombre). Il faut aussi savoir se mettre à couvert, ramper, pour s’approcher le plus silencieusement possible” m’explique Florent, mon guide du jour. “C’est une fois suffisamment proche de l’animal sans avoir été détecté que l’on peut tirer la flèche dans une partie vitale”.

Parce que l’éthique de la chasse, c’est bien de tirer le plus proprement et rapidement possible pour ne pas faire souffrir l’animal.

test_chasse à l'arc

Mais le moyen le plus sûr de ne pas faire souffrir l’animal, ça ne serait pas de ne pas le tuer ?

Oui. Oui mais, en fait. Parce qu’en creusant ce sujet, je me suis moi aussi posée ces questions. Et puis… Et puis j’ai compris que, d’abord, ces morts n’étaient pas vaines : l’animal est mangé, la viande est consommée car c'est une source de nourriture bio excellente pour la santé. “Une fois l’animal touché, il est de notre responsabilité de s’occuper de la venaison, m’explique Florent. Cette phase fait partie intégrante du sport. La notion de responsabilité est assez forte. On ressent tout à fait le poids ce que l’on est en train de faire.”~ 

Les a priori initiaux commencent à être interrogés quand vous ajoutez :~- la notion de régulation de la population animale présente à un endroit (pour éviter les dégâts sur les cultures, les accidents de voiture ou encore les propagations de maladie),~- l’encadrement de la pratique (hors de question de braconner, évidemment, chaque animal chassé doit se voir poser un bracelet. Le nombre de bracelets disponibles est défini par saison et chaque chasseur doit acheter chacun de ces bracelets et avoir un permis de chasser).~ 

La chasse à l’arc, ainsi, permet de déranger le moins possible la nature : il s’agit bien de se fondre dans le paysage. Place, alors, au camouflage et aux équipements silencieux.

 

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Le silence, maître mot de la chasse à l’arc

“Avec l’arc, on se laisse le temps d’observer les animaux, de choisir sa cible. On ne va pas tirer au hasard sur le premier animal venu. L’idée est de préserver les animaux les plus sains présents dans la forêt.” poursuit Florent. Ouf, je me sens déjà un peu mieux à l’idée d’avoir “dénoncé” une petite chevrette et son petit “de l’année dernière”.

D’autres consignes sont très claires :

- Rester derrière

- Calquer mes pas sur les siens, marcher avec beaucoup de prudence. Dérouler le pied comme si on marchait sur des oeufs.

- Rester très proche pour s’entendre murmurer.

- Ne pas poser de question

- De toute façon, se taire, c’est mieux.

- Passer experte à 1-2-3 soleil.~ 

En résumé : mettre enfin à profit l’entraînement de ninja durement acquis ces derniers mois. Mais si, cet entraînement qui consiste à sortir d’une chambre de bébé avec un parquet qui grince sans le réveiller. Bref, ceux qui savent sauront.

Finalement, ce que je retiens de cette expérience c’est que s’ouvrir à un monde qui n’est pas le sien peut permettre de comprendre certaines perspectives. J’ai terminé cette soirée avec l’impression d’avoir passé quelques heures connectée à la nature.

Oui, comme un Sioux. Enfin, un Sioux ninja. D’ailleurs, hors saison de chasse, il est possible de poursuivre ces sorties en remplaçant l’arc par un appareil photo, histoire de rester connecté au territoire.

*pourquoi “presque” ? Parce que d’une part, je n’ai pas le permis de chasse. D’autre part, parce que nous sommes repartis bredouilles, ce qui est, en fait, assez fréquent avec ce type de chasse.

Le droit de chasse

~Il faut passer l’examen du permis de chasser (théorie et pratique) et ensuite le valider chaque année (200 à 400 euros) + un bracelet (ou un droit de chasse sur un territoire).

Il faut également ajouter à cela une journée de formation complémentaire au permis de chasse pour pouvoir chasser à l'arc.

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