ASTHME ET SPORT

L’asthme et le sport sont conciliables. On vous dit pourquoi et comment à travers l’expérience de Jean, sportif passionné, et l’avis du Dr Santoni.

natation

En France, on dénombre quatre millions de personnes touchées par l’asthme. Sont-elles condamnées à regarder les dieux du stade des tribunes ? Bien sûr que non ! Avec quelques précautions et une bonne écoute de soi, l’asthme n’empêche pas de fouler les terrains de sport, de prendre plaisir à nager, courir, sauter, et pourquoi pas… lever des trophées. Rencontre avec Jean Chevalier du Studio Image de DECATHLON, et Jean-Philippe Santoni, pneumologue et membre de la Fondation du Souffle.

Le chemin parcouru

Les premières manifestations de l’asthme surviennent souvent chez l’enfant. Lorsque Jean apprend qu’il est asthmatique, il a 6 ans, et vient de vivre sa première crise, une expérience traumatisante. Le pneumologue diagnostique sa maladie respiratoire, le rassure, et lui prescrit un traitement de fond anti-inflammatoire à base de corticoïdes inhalés et un traitement par bronchodilatateur pour les symptômes. Allergique aux acariens, aux poussières et aux poils d’animaux (chat et chien), il suit également une désensibilisation qui s’avère efficace. Et puis, le médecin lui conseille également de faire du sport.

« Après mes premières crises d’asthme, et le sentiment d’étouffement qu’elles avaient provoqué, l’asthme était un argument pour ne pas faire de sport, je ne voulais pas en faire car j’avais peur de revivre de nouvelles crises. Sur le conseil de mon pneumologue, j’ai commencé à faire de la natation pour développer mes capacités respiratoires mais ce n’était pas une pratique sportive choisie donc c’était difficile. Ensuite, je me suis mis à faire les sports que je voulais, au début, je cherchais simplement à faire comme les autres puis au fur et à mesure je me suis rendu compte que plus j’en faisais plus je me développais, il y avait des limites à ma pratique mais il fallait que je travaille pour les repousser. Ça changeait complètement le regard que j’avais sur l’asthme. »

Aujourd’hui Jean a 34 ans, son parcours sportif est impressionnant, il a créé un club de football avec ses amis, pratique la course à pied, la marche sportive, un peu de boxe, il a sillonné l’Inde et l’Australie à vélo et prévoit, l’été prochain, de parcourir les 5 100 km de l’Eurovélo 3 en trois mois. Autant dire que le sport est devenu un allié. Tout comme le traitement de fond et le bronchodilatateur que Jean garde toujours à proximité. « Il y a une dimension psychologique importante de la présence du médicament, même s’il n’est pas utile sur le moment, le fait de savoir que je peux l’utiliser ça me permet d’être serein et de profiter pleinement de mes séances de sport. »

vélo route

Se sentir comme tout le monde

Que l’on soit asthmatique ou non, l’activité sportive, pratiquée régulièrement, aide à se sentir mieux dans la tête et dans le corps. Le sport contribue à se connaître un peu plus, à bien s’écouter, à apprendre à gérer son effort, à développer ses capacités, à rencontrer du monde, bref, à vivre mieux, disons-le ! Tous ces aspects sont particulièrement importants pour maîtriser son asthme. Jean nous précise :

« Ça me plaît de me dire que ce qui était un handicap avant, maintenant c’est maîtrisé, et que je peux faire comme tout le monde. Parfois, je me sens même plus performant que certains sportifs non asthmatiques. À part la plongée sous-marine, je peux faire ce que je veux. Il ne faut pas voir l’asthme comme une fatalité, il ne faut pas paniquer et tout arrêter, au contraire, il faut continuer à faire du sport, en y allant tout doucement, apprendre à se connaître un peu mieux pour bien maîtriser son asthme, apprendre à connaître la maladie pour ensuite progresser et finalement vivre normalement. Aujourd’hui, je vis normalement et le sport y a contribué en me donnant de la confiance. D’ailleurs, je n’ai jamais fait de crise d’asthme en faisant du sport ! »

football

Entretien avec le Dr Jean-Philippe Santoni

En complément du témoignage de Jean, le Dr Santoni, pneumologue à la Fondation du Souffle, nous donne quelques recommandations pour concilier le sport et l’asthme en toute sécurité !

Le sport est-il recommandé pour les asthmatiques ?

Oui bien sûr, le sport renforce la tolérance à l’effort, développe la capacité respiratoire et contribue à un meilleur contrôle de l’asthme, il est donc vivement recommandé aussi bien pour les enfants que pour les adultes. Par ailleurs, l’activité physique et le sport vont agir sur le bien-être de l’asthmatique, sa qualité de vie, et on sait qu’il y a une relation directe entre le bien-être de l’asthmatique et la fréquence des crises.

Quelles sont les précautions à prendre ?

L’asthme est une maladie multifactorielle qui se déclenche par des facteurs génétiques et environnementaux. Les allergènes (acariens, moisissures, pollens, phanères d’animaux), les infections respiratoires (rhumes, bronchites, bronchiolites, pneumonies) et les irritants respiratoires (pollution atmosphérique, tabac) sont des facteurs de risque de la maladie.

Certaines crises apparaissent à l’occasion d’une pratique sportive. On le nomme asthme d’effort. Il se manifeste lorsque l’effort est trop important, les bronches se contractent, la respiration devient pénible et peut être aggravé par un temps froid et sec. En général, ces crises disparaissent spontanément au bout de 30 mn à 1 h.

Voici quelques précautions à prendre :

- bien suivre le traitement de fond, notamment si on reçoit des corticoïdes inhalés par le nez et la bouche et adapter le traitement par bronchodilatateur à l’intensité de l’effort ;

- prévoir une période d’échauffement très soigneuse, c’est encore plus impératif chez les asthmatiques ;

- s’écouter et faire du sport à son propre rythme, certains asthmatiques peuvent courir un marathon, d’autres doivent s’arrêter au bout de quelques kilomètres, la tolérance à l’effort est propre à chacun.

Peut-on faire tous les sports souhaités lorsque l’on est asthmatique ?

La très grande majorité des sports sont possibles et conseillés. Seule la plongée sous-marine avec bouteilles est contre-indiquée, puisque l’inhalation d’air froid et sec et l’hyperventilation liée à la descente peuvent provoquer une crise d’asthme. L’équitation en cas d’allergie aux animaux peut être également contre-indiquée. J’ajouterais une précaution particulière à avoir envers le squash et sa très grande intensité. Mais encore une fois, avec un asthme bien contrôlé et une bonne écoute de soi, le sport est avant tout recommandé !

Qu’est-ce que l’asthme ?

C’est une maladie inflammatoire des voies aériennes qui provoque une obstruction bronchique due à un ou plusieurs facteurs : œdème, contraction des muscles bronchiques, sécrétion de mucus. Cette maladie chronique se manifeste par des « crises » épisodiques dont les symptômes sont des difficultés respiratoires sous forme de toux, de sifflement et/ou d’essoufflement.

Vous souhaitez donner votre avis sur le sujet « Asthme et sport » ? N’hésitez pas à nous partager vos expériences et vos conseils !

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Julien

Rédacteur Equipe DECATHLON

 

Un peu sauvage, aime parcourir monts et vallées à biclou, la popote dans la sacoche, la boussole tous azimuts.